A lire dans notre numéro de septembre

(Der Text auf Deutsch finden Sie unten)

«C’est un camion qui ne passe pas inaperçu»

Gaëtan Cassano (21 ans) est un jeune chauffeur heureux. Son employeur, Duperrex Transports, lui a confié un Kenworth K100 qui suscite beaucoup d’admiration.

IMG_9068«Je suis doublement heureux. J’exerce le métier dont j’ai toujours rêvé et j’ai la chance de conduire un camion américain qui ne passe pas inaperçu et qui suscite beaucoup d’admiration, aussi bien auprès de mes collègues, qu’auprès des clients ou des personnes rencontrées au hasard d’un arrêt à un relais routier ou sur une aire d’autoroute», explique Gaëtan Cassano, apprenti conducteur de poids lourds de 3e année au sein de l’entreprise vaudoise Duperrex Transports.

Un vrai bonheur
Certains chauffeurs, notamment les inconditionnels de technologie moderne, pourraient faire les difficiles et rechigner à s’installer derrière le volant d’un Kenworth de près de 30 ans avec un 1,5 million de km au compteur. Cela n’est toutefois pas le cas de Gaëtan Cassano. Cela pour au moins deux bonnes raisons, nous explique-t-il en quittant le village de Perroy où sont stationnés les différents camions et véhicules utilitaires de l’entreprise vaudoise Duperrex Transports.

«Devant l’uniformité des véhicules actuels, qu’il s’agisse de camions ou encore plus de voitures où il est parfois difficile de distinguer de loin une VW Golf, d’une Fiat, d’une Peugeot ou d’une Toyota du même segment, c’est un vrai bonheur d’avoir un véhicule qui sort de l’ordinaire», relève notre jeune chauffeur qui parle en connaissance de cause. En plus de travailler avec un Kenworth K100 de 1987, Gaëtan Cassano restaure durant ses loisirs une VW Coccinelle de 1974.

La même profession que son père
IMG_9097La deuxième raison d’apprécier «son» vieux camion américain, c’est qu’il nécessite des qualités qui ne sont pas à la portée du premier chauffeur venu. La boîte Fuller n’est pas synchronisée et l’embrayage est relativement dur, deux handicaps qui ne rebutent nullement Gaëtan Cassano, bien au contraire! «J’adore effectuer le double débrayage et faire en sorte que la boîte ne gratte pas en passant d’un rapport à un autre», avoue-t-il entre ses livraisons qu’il a effectuées, le jour de notre reportage, à Aclens, Aubonne, Gland, ­Lausanne et Yverdon.

Qu’a-t-il transporté et quels clients a-t-il livrés? Pour des raisons de confidentialité, son employeur nous a demandé de rester vagues sur le sujet, ce que nous respectons volontiers étant donné que le sujet principal de notre série consacrée aux jeunes chauffeurs n’est pas le transporteur mais bien le conducteur, en l’occurrence un garçon qui adore son métier, le même qu’exerce son père: «Dès que j’ai eu six ans, j’accompagnais mon papa tous les mercredis après-midi dans ses tournées et il en allait de même pendant les vacances. Je garde un très bon souvenir d’un voyage en Espagne qui avait duré une semaine.»

«Presque trop facile à conduire»
IMG_9078Gaëtan Cassano garde aussi un très bon souvenir du Scania 144 530 – qu’il a conduit pendant un mois chez Duperrex Transports afin d’effectuer son permis remorque – ou du tout nouveau Volvo FH équipé d’une boîte robotisée à double-embrayage qu’il a récemment eu l’occasion d’essayer. Au sujet de ce dernier camion, il n’a cependant pas manqué de relever qu’il était «presque trop facile à conduire» et qu’il offrait «nettement moins de sensations» que son Kenworth qui fume, qui vibre et dont le siège passager, revêtu d’un magnifique cuir rouge typiquement américain, sursaute à chacune des accélérations du moteur 6 cylindres en ligne, un Caterpillar de 430 ch.

Notre prise de notes sur notre calepin n’a ainsi pas été des plus faciles pendant que le camion roulait. Heureusement, les différents feux rouges, notamment en ville de Lausanne, nous ont permis de remettre au propre quelques notes qui seraient rapidement devenues indéchiffrables si nous ne les avions pas corrigées à temps. Un autre défaut a été l’efficacité des deux ventilateurs placés au sommet du pare-brise du Kenworth. Deux ventilateurs que Gaëtan Cassano qualifie non sans humour de «climatisation». Une climatisation pour le moins inefficace lors de la chaude journée du mois de juillet pendant laquelle nous avons suivi le jeune chauffeur de Duperrex Transports. (Laurent Missbauer)

 Encadré 1: Le chauffeur
IMG_9114Né le 10 juillet 1995, Gaëtan Cassano a toujours aimé les camions et a construit de nombreux modèles réduits. Il adore son métier et, parmi les mauvais côtés de la profession, il cite la fin de la journée «quand il faut rendre le camion»: «Je continuerais bien à conduire encore quelques heures, tellement j’aime ça.» Parmi les différents avantages offerts par les Routiers Suisses, il cite la protection juridique. (lm)

Encadré 2: L’employeur
Fondée en 1964 par Charles Duperrex, le père des patrons actuels Yvan et Alain Duperrex, l’entreprise familiale Duperrex Transports a son siège à Ballens (VD). Dénommée Duperrex Frères depuis 1984, elle est active dans les domaines du transport routier, de la logistique et du déménagement. Situé à Perroy (VD), son parc de véhicules comporte 14 camions ainsi que 30 «minitrucks» et utilitaires légers. (lm)

«Ein Lastwagen der auffällt»

Der 21 jährige Gaëtan Cassano ist ein glücklicher Chauffeur. Sein Firma, Duperrex Transports, vertraut ihm einen Kenworth K100 an, der viel Bewunderung auslöst.

IMG_9097«Ich bin doppelt glücklich. Zum einen übe ich einen Beruf aus von dem ich schon immer geträumt habe und zum andern darf ich einen Lastwagen fahren der auffällt und viel Bewunderung auslöst. Nicht nur bei meinen Berufskollegen, sondern auch bei den Kunden oder beliebig andern Personen die ich per Zufall in einem Relais Routiers oder auf einem Rastplatz antreffe», erzählt Gaëtan Cassano, Chauffeurlehrling im dritten Lehrjahr bei der Waadtländer Unternehmung Duperrex Transports.

Ein Glückspilz
Viele Chauffeure, namentlich die Liebhaber moderner Technologien, hätten Mühe am Steuer dieses nahezu 30 Jahre alten Kenworth mit mehr als 1,5 Millionen Kilometern auf dem Zähler. Bei Gaëtan Cassano ist dies nicht der Fall, wie er uns beim Verlassen des Dörfchens Perroy, wo die Firma Duperrex Transports ihre Nutzfahrzeugflotte stationiert hat, erklärt.

«Im Hinblick darauf wie sich die heutigen Fahrzeuge ähneln, ob nun Last- oder Personenwagen – bei letzteren sogar schwierig von ferne festzustellen ob es sich um einen VW Golf, Fiat, Peugeot oder Toyota der gleichen Kategorie handelt – habe ich richtig Glück ein Fahrzeug zu lenken, das den Rahmen des Gewöhnlichen sprengt», hält unser junger Chauffeur fest, der weiss wovon er spricht. Nebst seinem Einsatz mit dem Kenworth K100, Jahrgang 1987, restauriert er in seiner Freizeit einen VW Käfer, Jahrgang 1974.

Wie der Vater, so der Sohn
IMG_9078Der zweite Grund weshalb Gaëtan «seinen» alten Truck dermassen schätzt liegt darin, dass das Lenken recht hohe Anforderungen an den Fahrer stellt. Das Fuller Getriebe ist nicht synchronisiert und die Kupplung relativ hart, zwei Handicaps die ihn nicht etwa abschrecken, im Gegenteil ! «Ich liebe das manuelle Schalten, was ohne Kratzen nur mit exaktem und subtilem Zwischengas möglich ist», vertraut er uns zwischen den Lieferungen an, die uns heute über Aclens, Aubonne, Gland, Lausanne und Yverdon führen.

Was hat er geladen und wen beliefert er ? Aus Vertraulichkeitsgründen hat uns sein Arbeitgeber gebeten, in dieser Hinsicht vage zu bleiben, einen Wunsch den wir gerne erfüllen. Unsere Serie ist ja nicht den Transportunternehmen gewidmet sondern jungen Chauffeuren, heute einem Jüngling der seinen Beruf liebt, denselben übrigens, den schon sein Vater ausübt: «Seit ich sechs Jahre alt war, begleitete ich meinen Vater praktisch jeden Mittwoch Nachmittag und während der Ferien auf seinen Touren. Eine schöne Erinnerung habe ich an eine Fahrt nach Spanien, die eine ganze Woche dauerte.»

«Fast zu einfach zu fahren»
Auch einen Scania 144 530, den Gaëtan Cassano, bevor er sein Permis für Anhänger machte, bei Duperrex Transports während einem Monat fuhr, hat er in guter Erinnerung. Ebenso wie den neuen Volvo FH, ausgerüstet mit einem Doppelkupplungsgetriebe, den er kürzlich ausprobieren durfte. Letzterer sei «fast zu einfach zu fahren» meint er und löse «wesentlich weniger Emotionen aus» als sein Kenworth, der Rauchwolken ausstösst, vibriert und bei dem der typisch amerikanische, mit knallrotem Leder überzogene Beifahrersitz jedesmal zittert, wenn der Sechszylinder Reihenmotor, ein Caterpillar mit 430 PS, beschleunigt.

IMG_9108Es war jedenfalls nicht einfach, sich während der Fahrt Notizen zu machen und nur dank der zahlreichen Ampelstopps, namentlich in Lausanne, gelangen dem Schreiber einige lesbare Notizen. Als weiterer Nachteil erwiesen sich die beiden oberhalb der Stossstange angebrachten Ventilatoren, von Gaëtan scherzeshalber als «Klimaanlage» bezeichnet. Sie waren an diesem heissen Sommertag im Juli, an dem wir den jungen Chauffeur der Firma Duperrex Transports begleiteten, nicht sehr effizient. (Laurent Missbauer)

 Encadré 1: Der Chauffeur
Geboren am 10. Juli 1995, hatten Lastwagen Gaëtan Cassano schon immer fasziniert und er baute deshalb auch zahlreiche Modelle. Er liebt seinen Beruf über alles. Als einen seiner Nachteile bezeichnet er den Feierabend, den Zeitpunkt also, an dem er seinen Lastwagen abstellen muss. «Gerne würde ich jeweils noch einige Stunden weiterfahren, so sehr sitze ich gerne am Steuer.» Unter den verschiedenen Vorteilen die die Mitgliedschaft bei den Routiers Suisses bieten, erwähnt er den Rechtsschutz. (Anm.d.R. : für die Kategorie Lehrlinge im übrigen gratis). (lm)

Encadré 2: Die Firma
Das Transportunternehmen Duperrex Transports, mit Sitz in Ballens (VD), wurde von Charles Duperrex, dem Vater der heutigen Patrons Yvan und Alain Duperrex, im Jahre 1964 gegründet. Seit 1984 umbenannt in Duperrex Frères SA. ist das Unternehmen im Strassentransport, Logisitik und Umzüge tätig. Ansässig in Perroy (VD), umfasst der Fahrzeugpark 14 Lastwagen sowie 30 «minitrucks» und leichte Nutzfahrzeuge. (lm)

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A lire dans notre numéro de juillet-août

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Un transport de bouteilles sans embouteillage

IMG_7542Romain Moroni, qui effectue tous les jours le trajet Lausanne-Zurich-Lausanne au volant de son camion, est souvent ralenti par les bouchons. Cela n’a cependant pas été le cas le jour où nous l’avons accompagné.

Le soleil est radieux en ce vendredi 6 mai et la journée s’annonce d’autant plus agréable qu’il s’agit du vendredi de l’Ascension et que de nombreuses personnes ont fait le pont. En toute logique, il devrait y avoir moins de circulation que d’habitude sur le trajet Lausanne-Zurich-Lausanne que Romain Moroni effectue tous les jours. Comme on le verra un peu plus loin, cela a bel et bien été le cas.

Des bouteilles vides et trois abreuvoirs
La mission confiée aujourd’hui à Romain Moroni consistait à aller chercher 23 palettes de bouteilles de Coca-Cola à la succursale de Camion Transport SA à Rümlang, à proximité de l’aéroport de Zurich, et de les transporter jusqu’à Lausanne.

Parti depuis cette dernière localité un peu avant 9 heures du matin, notre jeune chauffeur n’a pas effectué à vide le trajet Lausanne-Rümlang. Dans son Renault Truck Premium aux couleurs de ­Coca-Cola, il transporte des bouteilles vides, non seulement de Coca-Cola, mais également de Fanta, de Sprite et de Valser. A cela s’ajoutent des fûts de Coca-Cola et de Nestea, vides eux aussi, ainsi que trois abreuvoirs pour le bétail. Ces abreuvoirs doivent être déchargés à mi-chemin, à savoir à Berthoud (BE) où Camion Transport SA, l’employeur de Romain Moroni, dispose d’une succursale.

Une véritable passion
IMG_7461En chemin, notre jeune chauffeur a tout loisir de parler de ses occupations préférées, notamment la photographie, et de sa grande passion: les camions. «Déjà quand j’étais enfant, je construisais des maquettes de voitures et de camions. Plus grand, les camions sont devenus une véritable passion. J’étais fasciné – et je lui suis d’ailleurs toujours – par leurs dimensions et par le sentiment de puissance qu’ils dégagent», explique Romain Moroni avec un large sourire.

«Les camions sont en effet nettement plus imposants qu’une voiture et offrent des sensations qui leur sont propres», ajoute-t-il. «Nous sommes par exemple assis plus haut et nous roulons plus lentement, ce qui nous permet de contempler encore mieux les magnifiques paysages qui nous entourent. Cela pour autant bien entendu que les conditions de circulation nous le permettent.» Et en ce vendredi de l’Ascension, elles le permettent largement. Il n’y a par exemple aucun ralentissement, ni lors du contournement de Berne, ni dans la montée du Grauholz et encore moins à l’approche de la sortie d’autoroute qui nous permet de rejoindre Berthoud en admirant au loin l’Eiger, le Mönch et la Jungfrau dont la blancheur des sommets enneigés se détache dans toute sa splendeur entre le vert des pâturages de l’Emmental et le bleu d’un ciel sans aucun nuage. «Je fais vraiment un beau métier. C’est quand même mieux que d’être enfermé dans un bureau, n’est-ce pas?», nous demande Romain Moroni. Nous lui répondons bien entendu de façon affirmative et enchaînons en lui demandant comment s’est passée sa formation pendant son apprentissage de conducteur de véhicules lourds chez Camion Transport SA.

IMG_7481«J’ai eu un très bon formateur en la personne de Guillermo Agra qui est l’un des quatre formateurs des apprentis chez Camion Transport SA», relève Romain Moroni. «Il a toujours pris le temps de répondre à nos questions et de nous expliquer les différents points relatifs par exemple à l’ADR (Ndlr.: l’Accord européen sur le transport des marchandises dangereuses par la route) ou à l’ordonnance sur le travail de chauffeurs.»

La camaraderie entre chauffeurs
Une fois les 23 palettes de bouteilles de Coca-Cola chargées au site de Camion Transport SA à Rümlang, c’est justement Guillermo Agra qui arrive à son tour. Il accompagnait ce jour-là Samuel Borloz, un apprenti de ­deuxième année, dans sa tournée en Suisse alémanique. Guillermo Agra et Samuel Borloz nous proposent spontanément de faire la route du retour ensemble et d’effectuer une pause avant d’arriver à Lausanne. «J’aime beaucoup la camaraderie qui règne entre chauffeurs», précise Romain Moroni. «Nous sommes seuls toute la journée dans la cabine de notre camion et, du coup, nous apprécions encore davantage de nous retrouver pour une pause, discuter et, pourquoi pas, manger une bonne glace.» Celle dégustée au restoroute de la Gruyère n’avait guère le goût de bouchon…

«C’est la première fois qu’il n’y a pas eu d’embouteillage au tunnel de Gubrist, sur le chemin du retour», se réjouit Romain Moroni. Pour une fois, les bouteilles ont été transportées de Zurich à Lausanne sans le moindre embouteillage. Le fait de rouler le vendredi de l’Ascension, pendant que d’autres sont en vacances, comporte ainsi un certain nombre d’avantages! (Laurent Missbauer)

Ein staufreier Flaschentransport

IMG_7503Romain Moroni fährt jeden Tag die Strecke Lausanne-Zürich und zurück, aufgehalten sehr oft durch ärgerliche Staus. Am Tag als wir ihn begleiteten, war dies allerdings nicht der Fall.

Dieser sonnige 6. Mai kündigte sich doppelt angenehm an, weil an diesem Freitag nach Auffahrt viele Leute die Brücke machen und deshalb wohl mit weniger Verkehr auf der Strecke Lausanne-Zürich-Lausanne, die Romain Moroni jeden Tag zurücklegt, zu rechnen sein wird. Wie sich später zeigte, hat sich diese Annahme als richtig erwiesen.

Leere Flaschen und Tränketröge
Die heutige Mission von Romain Moroni besteht darin, bei der Filiale von Camion Transport AG in Rümlang, in der Nähe des Flughafens Kloten, 23 Paletten Coca-Cola zu laden und nach Lausanne zu überführen.

Kurz vor neun Uhr fahren wir in Lausanne Richtung Rümlang los, allerdings nicht mit einem leeren Lastwagen. In seinem Renault Truck Premium, in den Farben von Coca-Cola, hat er leere Flaschen geladen, nicht nur Coca-Cola, sondern auch Fanta, Sprite und Valser, nebst einigen leeren Fässern Coca-Cola und Nestea sowie drei Vieh-Tränketrögen. Diese müssen auf halbem Weg, in Burgdorf (BE) ,abgeladen werden ; dort unterhält der Arbeitgeber von Romain Moroni, die Firma Camion Transport AG, ebenfalls eine Filiale.

Eine echte Leidenschaft
IMG_7517Unterwegs erzählt uns der junge Chauffeur von seinen Lieblingsbeschäftigungen, allem voran das Fotografieren und, wen erstaunts, von seiner allergrössten Leidenschaft: dem Lastwagen. «Schon als ganz kleiner Bub baute ich Lastwagenmodelle. Älter geworden, wurden die Lastwagen fast zu einer Bessessenheit. Sie faszinierten mich – und das eigentlich noch immer – durch ihre Grösse und ihre Kraft», schwärmt Romain Moroni.

«Die Lastwagen sind wesentlich imposanter als gewöhnliche Fahrzeuge und haben etwas ganz Besonderes an sich», fügt er bei «So sind wir Chauffeure zum Beispiel viel höher postiert, fahren langsamer, was uns erlaubt – unter Respektierung natürlich der Aufmerksamkeit auf das Verkehrsgeschehen – die wunderbaren Landschaften ringsum zu betrachten». Hierzu haben wir an diesem ruhigen Freitag nach Auffahrt, ohne Staus und Stress, weder bei der Umfahrung Bern, noch am Grauholz, ausreichend Gelegenheit. Herrlich, bei der Ausfahrt nach Burgdorf, der Blick auf Eiger Mönch und Jungfrau, deren strahlendes Weiss sich wunderbar vom Grün des Emmentals und dem stahlblauen Himmel abhebt. «Ich habe einfach einen herrlichen Beruf. Ist es nicht viel schöner, als eingesperrt in einem Büro?», fragt er uns. Gerne bestätigen wir ihm dies und fragen zurück, wie seine Ausbildung zum Lastwagenchauffeur bei der Firma Camion Transport AG so abgelaufen ist.

«In der Person von Guillermo Agra, einem der vier Ausbilder bei Camion Transport AG, hatte ich einen ausgezeichneten Lehrmeister», erklärt uns Romain. «Er nahm sich immer Zeit um auf unsere Fragen zu antworten und zum Beispiel die Eigenheiten der ADR (Anm.d.Red.: Verordnung über die Arbeits- und Ruhezeit der berufsmässigen Motorfahrzeugführer) zu erklären.»

Die Kameradschaft unter den Chauffeuren
Kaum waren die 23 Paletten Coca-Cola in Rümlang geladen, traf Gulliermo Agra mit einer Fuhre ein. Er begleitete an diesem Freitag Samuel Borloz, Chauffeur-Lehrling im zweiten Lehrjahr, auf seiner Tour in die Deutsche Schweiz. Spontan schlugen uns Gulliermo und Samuel vor, den Rückweg gemeinsam unter die Räder zu nehmen und vor Lausanne noch eine Pause einzulegen. «Die Kameradschaft unter den Chauffeuren schätze ich ausserordentlich», meint Romain Moroni anlässlich unseres Halts in der Raststätte Gruyère. «In unsern Kabinen sind wir praktisch den ganzen Tag allein und wir schätzen es deshalb sehr, in den Pausen Kollegen anzutreffen, zu plaudern oder, wie jetzt gerade, eine Glace zu essen.»

IMG_7533«Eine so angenehme und staufreie Fahrt habe ich übrigens noch selten erlebt, vor allem der Gubrist stellt ein ewiges Problem dar», beschliesst Romain Moroni. Es scheint, dass es sich beim Freitag nach Auffahrt, wenn wohl die Meisten ein verlängertes Wochenende eingeschaltet haben, um einen attraktiven «Transporttag» handelt! (Laurent Missbauer)

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A lire dans notre numéro de juin

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DSC_9273«Bonjour, c’est votre oxygène!»
Les personnes atteintes d’affections pulmonaires ont besoin d’un surplus d’oxygène pour pouvoir respirer correctement. Depuis six ans, c’est Nadja Jutzet, (26 ans), roulant pour la maison «indermühle» (Rekingen), qui leur apporte cet oxygène pour le compte de la Ligue pulmonaire. Son véhicule est basé auprès de la société Messer, à Lenzbourg.

Il est de bonne heure le matin et Nadja se présente devant l’interphone de K.T. à Mägenwil: «Bonjour, c’est votre oxygène!». Nadja Jutzet s’annonce d’une voix fraîche et joyeuse auprès de ce vieux monsieur, afin qu’il lui ouvre sa porte. Elle doit se rendre chez lui une fois par semaine pour remplir son réservoir en inox d’oxygène. Ce réservoir contient 60 litres de ce gaz vital. Afin d’aller le remplir auprès de son véhicule, elle le place sur un diable motorisé lui facilitant la tâche lorsqu’il s’agit de monter des escaliers avec ce chargement. En effet, chez la plupart des «clients», il faut parquer le véhicule à une certaine distance de la porte de l’appartement, de l’ascenseur ou de la cage d’escaliers. A bord de son Sprinter de 4,6 tonnes se trouve un réservoir en inox contenant 990 kilos d’oxygène liquide à usage médical, fixé au châssis. C’est au moyen de ce réservoir que l’on remplit les «bouteilles de gaz» des clients, non sans quelques sifflements. En effet, au moment de remplir le réservoir du client, le reste d’oxygène s’échappe par la soupape de sécurité en générant de gros nuages de vapeur. Il faut compter entre cinq et dix minutes pour remplir une bouteille de gaz, à laquelle on a fixé un récipient contenant de l’eau distillée. L’oxygène traverse ce récipient avant de parvenir dans les organes du patient via un masque respiratoire: «Sinon, l’air inhalé serait beaucoup trop sec», explique Nadja.

Dans le cadre de ce job, Nadja est chauffeuse, mais également «un peu psychiatre et un peu infirmière»: heureusement qu’elle a effectué une formation d’assistante en pharmacie avant de faire son permis poids lourds. Elle discute volontiers avec ses «patients» pendant quelques minutes, en profitant de leur donner quelques conseils en relation avec l’utilisation de leur appareil respiratoire portable, des bouteilles d’oxygène, des tuyaux, dont la longueur ne doit pas déposer 15 mètres … «J’aime le contact avec les gens», me dit-elle, et ça se voit. On voit aussi que ses clients apprécient son contact. Cette vieille dame à Ehrendingen l’attendait avec impatience: elle se plaint de cette bise glaciale qui l’empêche de respirer convenablement et elle est très contente de voir arriver Nadja et sa livraison. Sa réserve d’oxygène est facilement accessible, puisqu’elle se trouve dans le garage de sa maison individuelle. Mais ce n’est pas toujours le cas: à Baden, Nadja doit monter au septième étage d’un immeuble (heureusement pourvu d’un ascenseur). Nadja ne livre pas seulement auprès des clients privés, mais alimente également des homes pour personnes âgées et des EMS, comme c’est le cas ce jour-là, au Sonnenblick (Wettingen), une division du Centre régional de soins de Baden. Cet établissement n’est pas vraiment facile d’accès avec cette rue étroite et pentue qui conduit au bâtiment principal, juste assez large pour le Sprinter. «Il m’arrive parfois de regretter de ne pas disposer d’un véhicule à traction intégrale», soupire Nadja, «surtout en hiver». Au Sonnenblick, elle doit aller chercher des réservoirs à oxygène de 45 litres au dépôt pour les remplir. A peine a-t-elle terminé qu’il commence à y avoir de l’activité sur le site du centre: une ambulance de l’hôpital de Leuggern aimerait quitter les lieux, alors qu’un fourgon arrive pour livrer le dîner et du linge propre, et Nadja doit manœuvrer, ce qu’elle fait sans s’énerver, avant de se diriger sur la prochaine destination. Arrivée à Kleindöttingen, Nadja livre de l’oxygène à trois clients domiciliés à des adresses différentes. Chez la dernière cliente de Kleindöttingen, qui habite dans un immeuble locatif sans ascenseur, elle utilise le diable motorisé. Il faut reconnaître que cette aide est la bienvenue, surtout lorsque l’on sait qu’en fonction de leur contenance, ces bouteilles d’oxygène pèsent entre 90 et 100 kilos.

Son «transporteur d’oxygène» se dirige ensuite sur Zurzach, où il faut livrer de l’oxygène à deux clients. Le premier habite dans un immeuble locatif (avec ascenseur) situé à la Salzstrasse. Depuis le cinquième étage, il observe Nadja remplir sa bouteille d’oxygène. La livraison suivante s’effectue dans un joli chalet aux volets rouges, entouré d’un jardin bien entretenu et situé en dessus de la localité de Zurzach. Un quart d’heure après notre arrivée, la bouteille est pleine et tout le système est raccordé. Entretemps, Nadja m’explique le fonctionnement d’un appareil à oxygène portable, qui permet à son propriétaire de quitter son domicile pendant un certain temps, lui offrant ainsi un peu de liberté et d’indépendance. Le patient peut connecter lui-même cet appareil au réservoir principal pour le remplir. Cet appareil suffit pour assurer une autonomie de quelques heures au patient: «Nous fournissons aussi ce type d’appareil».

Et nous voici arrivés chez le dernier client de la journée: le home pour personnes âgées de Siggenthal. «C’est ici que je dois livrer les quatre bouteilles de deux litres que j’ai chargées ce matin chez Messer à Lenzbourg». (hps)

«Grüezi, Sauerstoff»
DSC_9365Lungenkranke brauchen zusätzlichen Sauerstoff zum Atmen. Er wird ihnen gebracht – von Nadja Jutzet, (26) die seit sechs Jahren für «indermühle» (Rekingen) fährt. Auftraggeber: Die Lungenliga. Der Standort des Fahrzeugs: Messer Lenzburg.

Aus der Gegensprechanlage von K.T. in Mägenwil tönt es am Morgen in der Früh: «Grüezi, Sauerstoff!» Frisch und fröhlich meldet sich Nadja Jutzet bei dem älteren Herrn an, damit er die Tür öffne. Sie möchte seinen Edelstahlbehälter mit Flüssigsauerstoff auffüllen, bei ihm – wie immer – einmal jede Woche. Der Behälter fasst rund 60 Liter des lebenswichtigen Gases. Sie packt ihn auf einen elektromotorisierten Sackrolli, der beim Treppensteigen eine unverzichtbare Hilfe ist. Denn bei den meisten «Kunden» geht es vom Fahrzeug oft viele Meter bis zur Tür und zum Lift, aber auch oft treppauf oder treppab, mal mehr, mal weniger. In ihrem 4,6-Tonnen-Sprinter ist ein Edelstahltank mit dem Boden verschraubt, der 990 Kilo medizinischen Flüssigsauerstoff fasst. Aus ihm werden die Kundenbehälter gefüllt, was nicht ohne Zischen vor sich geht. Der Restsauerstoff in den Flaschen entweicht beim Nachfüllen in dicken Dampfwolken über ein Sicherheitsventil nach draussen. Nach fünf bis zehn Minuten ist so eine Gasflasche voll, an der ein Befeuchtergefäss voll destillierten Wassers befestigt ist, durch das der Sauerstoff geleitet wird, bevor er über einen Schlauch und die «Nasenbrille» in die Atemorgane bzw. zu den Schleimhäuten des Patienten gelangt. «Sonst wäre die Atemluft viel zu trocken», erklärt Nadja.

Sie ist Chauffeuse, aber auch «ein bisschen Psychiaterin und Krankenschwester», wobei bei letzterem ihre Vorkenntnisse aus einer abgeschlossenen Pharma-Assistentinnenlehre nützlich sind. So hört sie den Patienten auch mal ein paar Minuten zu, und sie kann Tipps geben im Umgang mit den tragbaren Beatmungsgeräten, den Sauerstoffbehältern, den Schläuchen, die maximal 15 Meter lang sein dürfen… «Ich mag den Umgang mit den Menschen», sagt sie, und es ist deutlich zu spüren – die Menschen mögen den Umgang mit ihr. Die alte Dame in Ehrendingen hat sie schon sehnlichst erwartet: Sie klagt bei der kühlen Bise über Atembeschwerden und ist froh, dass Nadja endlich den frischen Sauerstoff liefert. Die Flasche ist leicht zugänglich, sie steht in der Garage des Einfamilienhauses. Was eben nicht immer so ist – in Baden muss Nadja mit ihrem Rolli den Lift bis in den siebten Stock eines Wohnblocks nehmen. Nicht nur Privatpersonen, auch Alters- und Pflegeheime steuert Nadja regelmässig an – wie etwa den Sonnenblick (Wettingen), einer Abteilung des Regionalen Pflegezentrums in Baden. Das ist nicht ganz einfach erreichbar, zu ihm führt eine enge, steile Strasse hinauf, grade breit genug für den Sprinter, der Wendeplatz ist relativ begrenzt. «Manchmal wünsche ich mir da einen Allrad», meint Nadja, «vor allem im Winter.» Im Sonnenblick gilt es, 45-Liter-Sauerstoffbehälter aus dem Heimdepot zu holen und sie nachzufüllen. Kaum ist das erledigt, herrscht plötzlich Betrieb: Ein Krankentransporter des Spitals Leuggern möchte gerade wegfahren, ein Kastenwagen rollt auf den Platz, der frische Wäsche und das Mittagessen bringt, und Nadja muss manövrieren. In aller Ruhe löst sich das Knäuel, und der nächste Lieferposten wird angesteuert. In Kleindöttingen bringt Nadja zu drei Kunden nacheinander Sauerstoffersatz. Bei der letzten Kundin in Kleindöttingen, die in einem Block wohnt, gibt es keinen Lift – der motorisierte Rolli kommt zum Einsatz. Immerhin wiegen die Sauerstoffbehälter je nach Grösse 90 bis 100 Kilogramm. «Habe ich jedenfalls gehört», meint Nadja.

Danach nähert sich ihr Sauerstofftransporter Zurzach – zwei Patienten sind zu beliefern – der eine in einem Wohnblock (mit Lift) in der Salzstrasse. Er schaut aus dem fünften Stock zu, wie Nadja die Gasflasche befüllt. Die zweite Anlaufstelle ist ein romantisch anmutendes Chalet mit roten Fensterläden und liebevoll gepflegtem Garten oberhalb Zurzachs. Nach 15 Minuten ist die Flasche voll und wieder angeschlossen. Zwischendurch erklärt mir Nadja die Funktionsweise des tragbaren (portablen) Sauerstoffgeräts, das seinem Besitzer erlaubt, auch mal längere Zeit aus dem Haus zu gehen und ihm so etwas mehr Unabhängigkeit und Freiheit zu verschaffen. Die Patienten können es selbst an ihrem grossen Sauerstoffbehälter anschliessen und auffüllen. Ein paar Stunden reicht der Sauerstoff, abhängig davon, wie es eingestellt ist – auf «Dauerabgabe» oder auf «Atemzug». «Auch so etwas liefern wir.»

Der letzte Posten an diesem Tag: das Altersheim in Siggenthal. «Hier muss ich die vier Zweiliterflaschen abliefern, die ich heute morgen bei Messer in Lenzburg geladen habe.» Dorthin geht es anschliessend auch wieder zurück, um – Sauerstoff – zu tanken. (hps)

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Wer gewinnt einen Festivalpass für das Country Festival?

01-Interlaken 2015

(Le texte en français se trouve un peu plus bas, veuillez svp faire défiler la page)

Vom 24. bis 26. Juni findet das beliebte Trucker und Country Festival in Interlaken statt. Wer noch kein Ticket hat, kann mit etwas Glück eins gewinnen. Wir verlosen 10 Festivalspässe im Wert von je 135 Franken, die an fünf Gewinner gehen. Das Programm lässt sich sehen, hier einige Leckerbissen der Country Musik: Carlene Carter, Terri Clark, die Baseballs, die Country Sisters und andere mehr sind angesagt. Für gute Stimmung und feinste Country Musik ist gesorgt.
Wer mitmachen möchte, sendet eine Mail mit dem Vermerk „Ticketverlosung T&C-Festival 2016“ sowie die Postadresse mit Telefonnummer an: Mail an swisscamion@routiers.ch, Fax an 021 706 20 09. Die Gewinner werden persönlich benachrichtigt. (lrs)

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«Tirage au sort des billets du Trucker & Country Festival»

Qui remportera nos billets pour le Trucker & Country Festival d’Interlaken?

02-Interlaken 2015Apprécié de tous, le Trucker et Country Festival d’Interlaken aura lieu cette année du 24 au 26 juin. Ceux qui n’ont pas encore de billets pour le festival pourront en gagner deux avec notre magazine. Cinq heureux gagnants seront tirés au sort et remporteront dix billets d’une valeur de 135 francs chacun. Le programme des concerts sera une nouvelle fois particulièrement attrayant avec Carlene Carter, Terri Clark, les Baseballs, les Country Sisters et encore bien d’autres grands noms de la musique country.

Tous ceux qui souhaitent participer à ce concours sont priés de nous envoyer un e-mail en mentionnant «Tirage au sort des billets du Trucker & Country Festival» et en indiquant aussi bien votre adresse postale que votre numéro de téléphone par e-mail à swisscamion@routiers.ch ou par fax au numéro 021 706 20 09. Nous avertirons personnellement tous les vainqueurs. (lrs)

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A lire dans le Swiss Camion de mai: Océane Minguez, motivée et très attentive

(La traduction en allemand se trouve à la fin du texte en français)

«Mon père est très fier de moi»

IMG_5193-LMApprentie conductrice de camions, Océane Minguez (20 ans) travaille pour l’entreprise genevoise Serbeco. Nous l’avons suivie lors de son déplacement qui l’a menée de ­Genève à Berne et retour.

«Vous allez effectuer un reportage sur Océane? Vous verrez, elle est soigneuse et consciencieuse. Elle aime son travail et apprend vite.» Ces propos, que nous avait confiés un membre genevois des Routiers Suisses, étaient très prometteurs. Force est d’avouer qu’ils étaient parfaitement conformes à la vérité.

Toute seule «comme une grande»
IMG_5176La mission dévolue en ce jour à la jeune apprentie de deuxième année était de transporter 15 tonnes de déchets DCMI depuis le siège de Serbeco, entreprise genevoise spécialisée dans la récolte, le tri et le recyclage de rebuts, jusqu’à la décharge de Teuftal à l’ouest de Berne. Mais que sont donc ces déchets DCMI? «Ce sont avant tout des poussières de chantier», répond Océane. Il s’agit en effet de déchets admis en Décharge Contrôlée pour Matériaux Inertes. C’était la dixième fois qu’elle effectuait ce trajet Genève-Berne et ­retour. Les deux premières fois, elle était accompagnée de M. Bruno Chessel, son formateur chez ­Serbeco. Depuis, elle le fait toute seule «comme une grande». Le ­substantif «grande» n’est cependant pas tout-à-fait exact. «Je suis en fait de petite taille. Du coup, je n’arrive pas à ouvrir les deux battants qui se trouvent à l’arrière de la benne sans que je n’incline auparavant ladite benne», explique Océane.

IMG_5182-LMUn chauffeur de 1,90 m se serait certainement épargné cette manœuvre mais là n’est pas le propos. Ce qui compte aujourd’hui, c’est de voir qu’Océane apprend correctement son métier. «Et elle apprend vite», nous avait-on dit. Effectivement, contrairement à ces précédentes visites à la décharge de ­Teuftal, aucun machiniste n’est venu cette fois-ci lui indiquer l’endroit exact où elle devait déposer ses déchets. Qu’à cela ne tienne, elle s’est dirigée toute seule, «comme une grande», à proximité du monticule où elle avait déchargé sa «marchandise» la dernière fois. «J’ai déjà bien pris mes marques», relève-t-elle, non sans fierté, tout en observant les gestes du machiniste. Celui-ci l’a rejointe à côté du ­monticule précédemment évoqué au volant d’un rouleau-compresseur Ammann, du nom de l’entreprise dirigée jusqu’en 2010 par Johann Schneider-Ammann, l’actuel président de la Confédération.

«Je suis très fière de mon père»
IMG_5151Océane aime son travail. «Petite déjà, j’adorais accompagner mon père qui effectuait des transports internationaux. J’aimais aussi les paysages qui défilaient devant nous. Etre à l’extérieur au lieu d’être enfermée dans un bureau, c’est le rêve», confie-t-elle sur le chemin du retour lorsqu’un FA18, en phase d’atterrissage, nous dépasse par la droite à proximité de l’aérodrome de Payerne qui longe l’autoroute Berne-Yverdon.

IMG_5147Océane «soigneuse et consciencieuse»? Il suffit de la voir à l’œuvre pour s’en convaincre. Que ce soit lorsqu’elle replie avec soin la bâche qui recouvrait la benne de «son» Mercedes Actros. Ou que ce soit sur l’autoroute où elle respecte scrupuleusement les limitations de vitesse. «Etre consciencieuse, c’est la moindre des choses par rapport à un employeur qui nous fait confiance et qui nous met à disposition un véhicule de cette valeur», relève-t-elle avant d’ajouter que son père est très fier qu’elle ait choisi le même métier que lui. «Moi aussi, je suis très fière de lui. Il m’a non seulement appris à conduire des camions, mais également la voiture et la moto», ajoute Océane qui attend avec impatience le retour des beaux jours afin de ressortir sa Kawasaki Z300: «C’est à son guidon que je me rends au travail quand les conditions ­météorologiques sont bonnes. Sinon, j’utilise ma petite Toyota Yaris.» On comprend aisément son impatience! (Laurent Missbauer)

«Mein Vater ist stolz auf mich»

IMG_5170Die Lastwagenführerinlehrtochter, Océane Minguez (20), arbeitet bei der Genfer Firma Serbeco. Wir begleiteten sie auf einer Fahrt nach Bern und zurück.

Ihr wollt eine Reportage über Océane machen? Ihr werdet sehen: Sie ist sorgfältig und gewissenhaft. Sie liebt ihre Arbeit und lernt schnell.» Diese Hinweise, die uns ein Mitglied der Genfer Sektion der Routiers Suisses anvertraut hat, waren vielversprechend, und sie haben sich als völlig richtig erwiesen. Bei der heute der im zweiten Lehrjahr stehenden Lastwagenführerin-Lehrtochter anvertrauten Fuhre handelt es sich um 15 Tonnen DCMI-Abfall, der vom Sitz der Serbecon in die Deponie Teuftal, westlich von Bern, überführt werden muss.

Die Serbeco ist ein Genfer Unternehmen, spezialisiert auf das Einsammeln, Trennen und Verwerten von Abfall. Was aber genau sind DCMI-Abfälle ? «Vor allem Bauschutt», beantwortet Océane die Frage. Bei den vier Buchstaben handelt es sich um die Abkürzung von «Décharge Controlée pour Matériaux Inertes», was soviel bedeutet wie «Kontrollierte Entsorgung von inertem Material».

Die zehnte Tour
IMG_5176Bereits zum zehnten Mal ist sie auf dieser Tour Genf-Bern unterwegs. Bei den beiden ersten Fahrten wurde sie von Bruno Chessel, ihrem Ausbilder bei Serbeco, begleitet. Seitdem fährt sie allein, «wie eine Grosse». Das Wort «Grosse» trifft allerdings nicht ganz zu: «Ich bin eher klein gewachsen. Deshalb muss ich die Ladebrücke zuerst etwas ankippen, bevor ich die Heckklappe öffnen kann», erklärt Océane.

IMG_5182-LMEin gross gewachsener Chauffeur kann sich ein solches Manöver natürlich ersparen, aber das ist nicht das Entscheidende. Viel wichtiger ist, dass Océane eine gute Ausbildung erhält. «Und sie lernt schnell», sagte man uns. Und das stellt sie heute auch unter Beweis. Im Gegensatz zu den früheren Touren gibt ihr im Teuftal niemand Anweisungen, wo genau sie entladen soll. So fährt sie zielstrebig in die Nähe des Schutthaufens, bei dem sie beim letzten Mal entlud und kippte die Ladung «wie eine Grosse», am richtigen Ort. «Ich kenne meine Plätze», sagt sie nicht ohne Stolz, und beobachtet dabei die Gesten des Maschinisten, der sich inzwischen auf seiner Ammann-Dampfwalze genähert hat, ein Gefährt der gleichnamigen Firma, die bis zum Jahr 2010 durch den gegenwärtigen Bundespräsidenten, Johann Schneider-Ammann, geleitet wurde.

«Ich bin sehr stolz auf meinen Vater»
IMG_5193-LMOcéane liebt ihre Arbeit. «Schon als klein durfte ich meinen Vater auf seinen Auslandfahrten begleiten und genoss die vorüberziehenden Landschaften. Unterwegs sein anstatt eingesperrt in einem Büro – das ist mein Traum», meint sie auf der Rückfahrt, während wir auf der Höhe von Payerne von einer landenden FA18 «überholt» werden.
Océane «sorgfältig und gewissenhaft»? Es genügt, sie an der Arbeit zu beobachten. Sei es beim Verzurren der Blache an der der Ladebrücke «ihres» Mercedes-Benz Actros oder auf der Autobahn, auf der sie die Geschwindigkeitslimiten peinlich genau einhält.

IMG_5151«Gewissenhaftigkeit ist das Mindeste, was man seinem Arbeitgeber schuldet, der einem nicht nur vertraut, sondern auch ein teures Fahrzeug anvertraut», führt sie aus um gleich noch anzufügen, dass ihr Vater sehr stolz auf sie sei, weil sie denselben Beruf ergriffen habe wie er. «Auch ich bin sehr stolz auf ihn. Er brachte mir nicht nur Lastwagen-, sondern auch Auto- und Motorradfahren bei», erklärt Océane, die übrigens kaum das schöne  Wetter erwarten kann, um ihren Kawasaki Z300 hervorzuholen: «Bei schönem Wetter fahre ich mit ihr zur Arbeit, sonst halt mit meinem kleinen Toyota Yaris.» Ihre Ungeduld ist verständlich! (Laurent Missbauer)

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A lire dans le Swiss Camion d’avril: une journée avec Michael Nützi

(La traduction en allemand se trouve à la fin du texte en français)

La tournée de sel de Michael NütziDSC_7885

L’hiver était encore bien présent le 8 mars lorsque nous avons accompagné Michael Nützi (39 ans) qui était chargé de répandre du sel sur le réseau autoroutier.

Pour répandre du sel, à raison de 9 grammes par m2, sur le tronçon entre le Centre d’entretien de Spiez et Berne (50 km aller/retour), les quatre saleuses du centre nécessitent 25 tonnes de sel. Avec son camion-silo, Michael Nützi en apportera quasiment le double et déchargera sa marchandise dans deux grands silos contenant chacun quelque 200 tonnes de sel. Il est 5 h du matin lorsque Michael Nützi quitte le site de son employeur, l’entreprise Giezendanner à Rothrist. Sa tournée de 500 km comprend deux déchargements et un chargement. Sa semi-remorque silo de 37 m3 avait déjà été chargée avec 29 tonnes de sel la veille.

De gros flocons de neige
Ce matin-là, l’hiver marquait son retour avec de gros flocons virevoltant devant le pare-brise. Plus nous nous rapprochions du lieu de déchargement et plus il neigeait, à tel point qu’un manteau blanc commençait à recouvrir le paysage. Pour le moment, l’autoroute A6 était encore plus ou moins noire et notre camion, un MAN TGS de 430 ch filait droit vers l’objectif. Un TGS? «Un tracteur dont le poids a été optimisé», précise Michael Nützi. «Même si parfois, nous préférerions pouvoir disposer d’un moteur plus puissant car nous roulons à 40 tonnes. Et la grande cabine serait aussi plus belle. Mais n’oublions pas que chaque kilo compte», ajoute judicieusement ce chauffeur qui n’a pas besoin de me dire qu’il est un inconditionnel de MAN. Sa cabine, ses sièges et ses vitres arborent tous le logo MAN!
Le camion roule lentement en arrivant au centre d’entretien de l’autoroute. Michael Nützi manœuvre avec son semi-remorque afin de le placer à proximité du tuyau de ­raccordement. «A partir de maintenant, il ­faudra attendre entre 45 minutes et une heure pour que le déchargement soit terminé», m’avertit-il avant de connecter le tuyau au manchon du silo installé sur la semi-­remorque, de mettre en route le compresseur et de lancer la procédure de pompage. «Nous pompons le sel avec une pression de deux bars environ». Les conduites d’air du véhicule ne tardent pas à chauffer, ce qui permet de se réchauffer les mains! Appréciable avec le temps froid (0°C) et humide DSC_7918qu’il fait ce matin. De temps à autre, au fur et à mesure que le silo se vide, Michael Nützi tape avec son marteau en caoutchouc sur le silo afin de faire tomber le sel qui ­s’accroche aux parois. Plus le silo se vidait et plus il commençait à faire jour.

Un chargement très rapide
Nous avons ensuite repris la route après avoir pris notre pause réglementaire au ­restoroute de Münsingen. Direction Möhlin, en passant par le massif du Belchen afin de rejoindre les salines de Riburg où le ­deuxième chargement du jour nous attendait. «Là-bas, tout va très vite. Il ne faut pas plus de huit minutes pour remplir le silo et l’intégralité de la procédure de chargement ne prend qu’un quart d’heure. Je dois simplement me placer sous le tuyau de chargement, relever la rampe au-dessus du véhicule, introduire les données (n° du mandat, n° de client et n° des plaques du véhicule), aller chercher une signature et c’est tout», explique-t-il.
Après avoir grimpé sur le silo, Michael Nützi ouvre deux couvercles et place le tuyau de chargement de manière précise sur la première ouverture. Le sel tombe alors dans le premier compartiment du silo qui se remplit rapidement. Il répète ensuite l’opération sur la deuxième ouverture. Bien que ce sel de ­couleur blanche ressemble au sel de cuisine, il ne peut pas être utilisé à des fins alimentaires car il est dénaturé.

Trois à quatre heures de queue!
Le dôme qui se situe juste à côté de la station de chargement peut contenir jusqu’à 70 000 tonnes de sel. Et comme cette réserve n’est pas suffisante pour couvrir les besoins lors des hivers rigoureux, les salines de Riburg ont fait construire un second dôme (Saldome 2) qui permet de stocker 100 000 tonnes de sel. «Aujourd’hui, c’est une journée tranquille, mais il en va parfois différemment», note Michael Nützi. «Durant les vrais hivers, nous formons parfois jusqu’à trois équipes pour acheminer le sel et, à Möhlin, les camions font parfois la queue pendant trois ou quatre heures avant de pouvoir charger.» Et pendant l’été? «Je transporte du ciment, avec le même véhicule!» (hps)

Zückerli-Tour mit Streusalz

DSC_7941Ein bisschen Winter Anfang März (8.3.): Da war Streusalz gefragt. Giezendanner-Chauffeur Michael Nützi (39) hatte einen Auftrag für den Autobahnwerkhof Spiez.

Die vier Streufahrzeuge des Werkhofes Spiez brauchen beim Auftragen von etwa neun Gramm pro Quadratmeter für die Strecke vom Werkhof bis Bern retour – rund 50 Kilometer – 25 Tonnen Salz. Etwa zweimal soviel brachte Michael mit seinem Silofahrzeug zum Werkhof, wo zwei grosse Holz-Silos mit je rund 200 Tonnen Fassungsvermögen stehen. Um fünf Uhr startete Nützi in Rothrist vom Giezendanner-Hof. «Das gibt eine Zückerli-Tour», prophezeite er, während er vorsichtshalber noch einmal auftankte, und meinte damit nicht die Salzladung, sondern die Kilometer, die vor uns lagen – rund  500. Und nur zweimal abladen und einmal beladen. Denn der Siloauflieger mit 37 Kubikmeter Fassungsvermögen war bereits mit 29 Tonnen vorgeladen, als er auf die Reise ging – nach Spiez also zuerst.

Es herrschte eindeutig Winter, dicke Schneeflocken wirbelten vor der Windschutzscheibe. Je mehr sich der Lastwagen seinem Ziel näherte, um so mehr schneite es. Und die Landschaft begann sich in eine weiss gepolsterte Winterwelt zu verwandeln. Die A6 indes war noch ziemlich schwarz. Die Zugmaschine, ein MAN TGS mit 430 PS, tuckerte vor sich hin. Ein TGS? «Ein gewichtsoptimierter Leichtschlepper», erklärte Michael. «Manchmal wären mir aber ein stärkerer Motor lieber, immerhin haben wir 40 Tonnen zu bewegen. Und die grosse Kabine wäre auch schöner. Aber eben, jedes Kilo zählt hier», bemerkte der Chauffeur, der sich nicht als MAN-Fan outen musste, denn die Ausstattung der Kabine, die Sitzbezüge mit MAN-Logo und die Aufkleber in den Ecken der Seitenscheiben sprachen für sich. Der Truck rollte langsam in den Werkhof, der  noch im Dämmerschlaf zu liegen schien.

Michael manövrierte den Siloauflieger in die Nähe des Schlauchanschlusses. «Jetzt dauerte es ungefähr 45 Minuten bis zu einer Stunde, bis wir entladen haben», sagte er, bevor er den Verbindungsschlauch an der Muffe des Silofahrzeugs und dann am Schlauchanschluss des Hochsilos einklinkte, den Kompressor anwarf und den Pumpvorgang einleitete. «Wir pumpen mit etwa zwei Bar.» Schnell erhitzte sich die Luftleitung am Fahrzeug: Gut zum Händewärmen bei dem Wetter. Es herrschten um die null nasskalte Grad. Ab und an, je mehr sich der Silo leerte, klopfte Michael mit dem Gummihammer an die Seitenwände, damit sich am Metall haftende Auftausalzreste auch lösten. «Es ist nicht ganz trocken, hat etwa 1,5 Prozent Feuchtigkeitsanteil», erklärte er. Und je mehr sich der Silo leerte, um so tagheller wurde es.

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Wenig später rollte der MAN zurück – nach der vorgeschriebenen Pause in der Raststätte Münsingen – in Richtung Möhlin über den Belchen zu den Schweizer Salinen Riburg, wo die zweite Ladung des Tages wartete. «Das geht dort sehr schnell, sagte Michael. «Innert acht Minuten ist der Transportsilo beladen, und in etwa einer Viertelstunde der ganze Ladevorgang abgeschlossen. Ich muss nur unter den Beladeschlauch fahren, das Geländer auf dem Fahrzeug hochklappen, Auftragsdaten, Kundennummer und Fahrzeugkennzeichen eingeben und noch eine Unterschrift abholen, und fertig.»
Auf dem Silo öffnete Michael zwei Domdeckel und steuerte den Befüllschlauch präzise über den ersten, vorderen. Das Salz rieselte in die Tiefen des Silotanks, der sich schnell füllte. Wenig später auf den hinteren Dom umgehängt, und auch der hintere Teil des Transportsilos war in Kürze voll. Obwohl das Salz weiss ist, entfernt aussieht wie Speisesalz und auch genau so schmeckt, ist es ungeniessbar und nicht zum Verzehr geeignet, da denaturiert. Es lagert in Massen, bis zu 70 000 Tonnen, im gewaltigen Dom gleich neben der Ladestation, unter der sich drei weitere Silofahrzeuge eingefunden haben. Und weil der Vorrat bei schneereichen, langen Wintern längst nicht mehr ausreicht, ist in den Salinen ein zweiter Dom (Saldome2) erstellt worden, der 100 000 Tonnen Auftausalz fasst.

DSC_7984«Das ist heute ein richtiger Zückerli-Tag und bei weitem nicht immer so», sagte Michael abschliessend. In einem richtig harten Winter fahren wir manchmal in drei Schichten und zum Laden stauen sich die Trucks in Möhlin schon mal bis zu drei, vier Stunden. Und im Sommer? «Da fahre ich mit diesen Auflieger Zement.» (hps)

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A lire dans le Swiss Camion de mars: Jonathan Perroud, un jeune chauffeur qui a réalisé son rêve

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(La traduction en allemand se trouve à la fin du texte en français)

Un rêve qui est devenu réalité

Depuis tout jeune, Jonathan Perroud rêvait de conduire des camions. Ce rêve est devenu une réalité qui le conduit parfois à l’étranger. Cela a notamment été le cas lorsque nous l’avons accompagné à la fin du mois de janvier en Alsace.

Débutée à 5 heures du matin, la journée du 27 janvier a emmené Jonathan Perroud (23 ans) depuis le dépôt de son employeur Berthod Transports à Sion, en Valais, jusqu’en Alsace, plus précisément à Biesheim, non loin de Colmar. Le but de ce déplacement consistait à transporter deux blocs d’aluminium de 20 tonnes qui avaient été chargés la veille à la fonderie de Steg dans le Haut-Valais.

«Mon bureau est ouvert sur le monde»

IMG_4779-LMSituée sur les rives du Rhin, l’usine de transformation d’aluminium de Biesheim occupe plus de 1400 salariés. Elle a récemment fait l’objet d’importants investissements afin de répondre à la demande croissante des constructeurs automobiles en aluminium. Celui que nous transportons aujourd’hui servira-t-il à produire des éléments des Bugatti assemblées non loin de là en Alsace? Jonathan Perroud l’ignore. «Ce que je sais en revanche, c’est que nous passerons à proximité du circuit de l’Anneau du Rhin où il n’est pas rare de voir tourner des Bugatti», explique Jonathan Perroud. «J’adore ces déplacements à l’étranger. Je découvre plein de choses, comme par exemple l’emplacement de la centrale nucléaire de Fessenheim qui fait beaucoup parler d’elle, non seulement en France mais également en Allemagne et en Suisse. En fait, j’adore ma profession de chauffeur. Mon bureau, c’est mon camion et il est ouvert sur le monde. Jamais, je ne ­pourrais travailler enfermé entre quatre murs.»

IMG_4787Ce plaisir de la découverte, associé à une certaine indépendance et à une très grande passion pour les camions, lui permet ainsi de faire passer au second plan ­certains inconvénients du métier comme, par exemple, les conditions de circulation souvent très pénibles entre Berne et Bâle ou les inévitables attentes: à la douane, aussi bien à l’aller qu’au retour, à l’entrée du site de Constellium à Biesheim ou à la station-service d’Ottmarsheim «où certains chauffeurs polonais y restent beaucoup plus de temps que nécessaire afin de transformer un plein en une pause obligatoire», déplore notre jeune Valaisan qui avait été sacré en 2012 meilleur apprenti chauffeur poids lourds de Suisse romande.

La camaraderie entre collègues

IMG_4843-LMParmi les autres points positifs figure le fait de conduire de beaux camions. «Chez Berthod Transports, nous sommes gâtés avec les Volvo de dernière génération», reconnaît Jonathan Perroud. «Les camions Volvo ne sont pas seulement très bien finis, ils sont également à la pointe de la technologie, que soit au niveau du respect de l’environnement, de la sécurité ou de la puissance. Même chargés avec deux blocs d’aluminium de 20 tonnes, nous avons gravi à 55 km/h une montée aussi pentue que celle qui mène de Vevey à Châtel-St-Denis.»

Un autre aspect agréable du métier est la camaraderie entre collègues. Jusqu’à Egerkingen, Jonathan Perroud a roulé avec l’apprenti Kevin Frily qui a ensuite poursuivi sa route en direction de Zurich. Une fois arrivé à Biesheim, notre jeune chauffeur a rencontré le doyen de l’entreprise, Pierrot Berthod. «Après avoir déchargé tes blocs d’aluminium, viens donc manger avec moi à midi. Je connais un bon petit resto à Volgelsheim», lui a-t-il ­lancé. L’adresse était en effet très agréable, tout comme l’a été le retour en Suisse après avoir embarqué 24 palettes d’engrais à Wittenheim et avoir admiré les «magnifiques» montagnes qui découpaient un ciel teinté de rose du côté de Berne et de Fribourg.

IMG_4915-LM«Les paysages qui défilent devant mon camion ne sont pas toujours aussi magiques que ce soir, mais quand ils le sont, ils me confortent dans le bien-fondé d’avoir choisi le métier de chauffeur», conclut Jonathan Perroud avec un large sourire! (Laurent Missbauer)

 

 

Ein Traum ging in Erfüllung

IMG_4791Schon als kleiner Bub träumte Jonathan Perroud davon, dereinst am Steuer eines Lastwagens zu sitzen. Dieser Traum ging in Erfüllung und führt ihn ab und zu sogar ins Ausland. Dies war auch der Fall, als wir ihn ende (statt Ende?) Januar auf einer Fahrt ins Elsass begleiteten.

Der um fünf Uhr früh begonnene 27. Januar führte Jonathan Perroud (23 jährig) vom Transporthof seines Arbeitgebers, der Firma Berthod Transports in Sion (VS) ins Elsass, nach Biesheim in der Nähe von Colmar. Grund dieser Fahrt war der Transport zweier Aluminiumblöcke von 20 total Tonnen, die am Vorabend in der Giesserei Steg im Oberwallis geladen worden sind.

«Mein Büro ist offen»

IMG_4787Bei der am Rhein gelegenen Aluminium-Verarbeitungsfabrik in Beisheim sind mehr als 1400 Leute beschäftigt. Um der steigenden Nachfrage der Autobranche nach Aluminium gerecht zu werden, wurden kürzlich erhebliche Investitionen getätigt. Wird unser Transportgut möglicherweise zur Herstellung der Bugattis verwendet, die nicht allzuweit entfernt zusammengebaut werden? Jonathan Perroud weiss es nicht. «Was ich hingegen weiss, dass wir ganz nah am Rheinring vorbeifahren, wo ab und zu Bugattis ihre Runden drehen (getestet werden wäre vielleicht besser?)», erklärt Jonathan Perroud. «Fahrten ins Ausland schätze ich sehr. Es gibt vieles zu entdecken, so zum Beispiel das Kernkraftwerk Fessenheim, das viel zu reden (statt Reden) gibt, nicht nur in Frankreich, sondern auch in Deutschland und der Schweiz. Abgesehen davon : ich liebe meinen Beruf als Chauffeur über alles. Der Lastwagen ist mein Büro und es ist offen. Niemals könnte ich, eingesperrt in vier Mauern, arbeiten.»

IMG_4868Die Freude Neues zu entdecken, gepaart mit einer gewissen Unabhängigkeit und grosser Leidenschaft für Lastwagen, lassen manche, der mit dem Beruf verbundenen Unannehmlichkeiten vergessen. So sind die vielfach recht prekären Verkehrsverhältnisse zwischen Bern und Basel sowie die oftmals längeren Wartezeiten am Zoll, am Eingang des Constellium Biesheim oder an der Service-Station Ottmarsheim «wo vor allem polnische Chauffeure das Auftanken dazu benutzen, die obligatorische Pause einzulegen» oft recht mühsahm, führt unser junger Walliser aus, der im Jahre 2012 als bester Chauffeur-Lehrling der welschen Schweiz ausgezeichnet wurde.

Schöne Lastwagen und gute Kollegen

Zu seinem positiven Berufsbild gehört auch das Lenken schöner Lastwagen. «Bei Berthod Transports, sind wir mit den Volvos der neusten Generation natürlich verwöhnt», schwärmt Jonathan. «Die Volvo Lastwagen sind nicht nur hervorragend verarbeitet, sondern auch technologisch an vorderster Front, sowohl was die Umweltfreundlichkeit anbetrifft als auch in Bezug auf Sicherheit und und Leistung. Selbst mit den geladenen Aluminiumblöcken von 20 Tonnen befuhren wir eine Steigung ähnlich derjenigen von Vevey nach Châtel-St-Denis locker mit 55 km/h.» Als weiteren positiven Aspekt empfindet er die ausgezeichnete Kameradschaft unter Berufskollegen.

IMG_4767Bis Egerkingen begleitet uns der Lehrling Kevin Frily, der anschliessend seine Fahrt Richtung Zürich fortsetzte. In Biesheim angekommen, trifft Jonathan auf seinen Patron, Pierrot Berthod. «Komm, wenn Du Deine Aluminiumblöcke abgeladen hast, mit mir essen, ich kenne ein kleines und gutes Restaurant in Volgelsheim», ruft er ihm zu. Das Essen war wirklich gut, angenehme Atmosphäre, ähnlich wie die Heimreise, nachdem in Wittenheim 24 Palette Dünger geladen wurden. Zwischen Bern und Freiburg wurden wir von einem wunderbaren Abendrot empfangen, das die Freiburger Alpen in ein rosa Licht tauchte.

«Die vorbeiziehenden Landschaften sind nicht immer dermassen magisch wie heute Abend, aber wenn sie es sind, werde ich einmal mehr darin bestätigt, den richtigen Beruf ergriffen zu haben», beschliesst Jonathan Perroud mit einem breiten Lachen! (Laurent Missbauer)

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Korrigendum / Rectificatif

Korrigendum: Bericht zu Kabotage im SWISS CAMION 03/2016
(Le texte en français se trouve à la fin du texte en allemand)

schoeni02Einzelne Informationen im SWISS CAMION Nr. 03/2016 zum Thema Kabotage sind aufgrund eines Missverständnisses mit der Waadtländer Kantonspolizei entstanden. Die Firma Schöni wurde nicht wegen Kabotageverstössen angezeigt. Es besteht kein Polizeirapport, wonach die Firma Schöni angezeigt worden wäre.

Gemäss Informationen der Firma Schöni hat das gezeigte Fahrzeug 15 Paletten aus Deutschland entladen und keine Ladung für eine Inlanddestination übernommen. Es entstand kein Verstoss gegen Kabotagevorschriften.

Ich entschuldige mich bei der Firma Schöni für diese Falschinformation.

Mit besten Grüssen

David Piras, Generalsekretär Les Routiers Suisses

Rectificatif: article sur le cabotage dans le SWISSCAMION 03/2016

schoeni02Certaines informations relatives à la thématique du cabotage qui ont été publiées dans le SWISS CAMION du mois de mars 2016 sont issues d’un malentendu avec la Police cantonale vaudoise. L’entreprise Schöni n’a pas été dénoncée en raison d’une infraction contre l’interdiction de cabotage. Il n’y existe pas de rapport de police selon lequel l’entreprise Schöni a été dénoncée.

Selon les informations fournies par l’entreprise Schöni, le camion qui illustrait notre article a déchargé 15 palettes de marchandises provenant d’Allemagne et n’a pris aucune marchandise pour un transport national. Il n’y a donc eu aucune infraction contre l’interdiction de cabotage.

Je prie l’entreprise Schöni de bien vouloir m’excuser pour cette information incorrecte.

Avec mes salutations les meilleures,

David Piras, Secrétaire général des Routiers Suisses

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Das lesen Sie im Swiss Camion Februar: Fabian Bähler, Serie “Junge Chauffeurs”

(La traduction en français, se trouve au-dessous du texte en allemand)

Der Milchsammler

DSC_6904Milchsammeln? Warum eigentlich nicht? Vor allem, wenn man von dieser Transportaufgabe keine Ahnung hat. Der Jungchauffeur Fabian Bähler (24) von Rolli hat uns gezeigt, wie das geht.

Halb drei Uhr. Hudelwetter. Stocknacht. Wir sind unterwegs ins Simmental Richtung Zweisimmen. Ziel: St. Stephan. Wir, das sind Fabian Bähler (24), Chauffeur, sein Truck, ein funkelnagelneuer Actros 2543 des Transportunternehmens Rolli aus Gasel BE, und ich, der SC-Reporter. Auf Frühtour, im wahrsten Sinne des Wortes. Normale Menschen schlafen jetzt tief. Nicht so Fabian. Offenbar ist er kein normaler Mensch, denn er muss jetzt hellwach sein. Auch wenn er allein auf der Strasse zu sein scheint mit seinem 40-Tonner-Milchsammler. Gegenverkehr auf der ziemlich kurvigen Strasse? Fehlanzeige. «Tolle Fahrbedingeungen um diese Zeit. Kaum einer unterwegs», freut er sich. Wie kann man sich um diese Zeit freuen? Seine Freude rührt andererseits auch daher, dass er heute das neueste Fahrzeug aus der Rolli-Flotte zu bewegen hat. Das bedarf zwar grösster Aufmerksamkeit, aber ihrer bedarf es im Chauffeurenjob immer. Weshalb er auch noch einen Teil der Freude aus der Tatsache schöpft, dass er «totaler Mercedes-Fan» und der Lastwagen samt Anhänger brandneu ist. «Fährt sich super, gute Strassenlage, angenehmes Motorgeräusch, guter Sitz, viel Platz in der Kabine», lobt er. Sechs solcher Fahrzeuge habe das Unternehmen gerade angeschafft. Die Freude ist nur ein wenig getrübt, weil jetzt Schneefall einsetzt – diese grossen, matschigen Flocken, die nach wenigen Höhenmetern auf der Strasse ansetzen. Und auch schon an den Scheibenwischern. «Das muss ich jetzt nicht haben», sagt er, kommt aber dann schnell zum Arbeitsprogramm des Tages, der im Hudelwetter-Modus vergehen sollte. «Wir laden zuerst in St. Stephan an der dortigen Sammelstelle, danach geht es retour über Oberwil i. S., ein kleines Dorf, zu dem wir eine steile Anfahrt über die Schwendimatte haben, und anschliessend zur Milchsammelstelle nach Därstetten. Danach sind die Kammern wohl gefüllt, und wir fahren eine Weile nach Freiburg zur Grossmolkerei Cremo, wo abgeladen wird. Nach dem Abladen werden die Tanks gespült, also gereinigt.»

Zu  diesen Zeitpunkt ahne ich noch nicht, wie gross der Wasch-, Reinigungs- und Spülanteil an der Arbeit Fabians ist. Sehr gross, wie sich herausstellen sollte. «Damit ist dann die erste Tour zu Ende und es geht anschliessend ins Seeland. Das ist die so genannte Emmi Tour – wir laden Milch bei insgesamt 18 Bauernhöfen, die wir nach Bern bzw. Ostermundingen zur Emmi bringen werden. Das wäre so das heutige Programm.» Klingt «easy». In Unkenntnis der modernen Milchsammel-Arbeit stelle ich mir den Teil mit den Bauern so vor, dass diese zum Lastwagen kommen mit Milchkannen auf dem Leiterwägelchen im Schlepptau. Diese Art von Arbeitsromantik ist selbstverständlich passé. Maschinen, Elektronik und Chromstahl haben alles verändert.

Zwischenmenschliche Kontakte zwischen Bauer und Chauffeur finden nur in Ausnahmefällen statt, und das Laden ist eine Sache von Minuten. Aber dazu später.
Nachdem Fabian im grössten Schneegestöber sein Fahrzeug vor der St. Stephaner Sammelstelle positioniert hat, bringt er drinnen einen durchsichtigen Plastikschlauch am Edelstahltank an. Während insgesamt etwa 7400 Liter Milch in eine der drei Kammern des Lastwagenaufbaus strömen, erklärt er mir das chromstahlblitzende, scheinbar verwirrende Röhrengewirr im Heck des Lastwagens, die unterschiedlichen Schläuche und die Leitungen auf und an den Aufbauten. Besonders auffällig – ein kleiner Hochtank mit Sichtfenster, den er mit dem Begriff  Luftabscheider näher beschreibt, und – hinter Plexiglas – graue Plastikkästen mit Monitoren, die jede Menge Informationen liefern – vom Ladezustand der Tankkammern bis zur genauen GPS-Position des Fahrzeugs. «Wir pumpen etwa 600 Liter in der Minute», erklärt der junge Chauffeur. Auch ein kleiner Drucker ist an Bord. In Chromstahlkästen seitlich am Heck des Tankaufbaus befinden sich zwei Metallgitterspiralen mit kleinen Fläschchen sowie eine kleine Füllanlage für eine Halbliterglasflasche: «Hier werden automatisch Proben der getankten Milch gezogen und abgefüllt.» Nach rund 20 Minuten ist der Ladevorgang in St. Stephan abgeschlossen.

«Ich will eigentlich gar keinen anderen Job», meint Fabian während der Talfahrt zur nächsten Sammelstelle, als bereits Schneepflüge und erste Lastwagen entgegenkommen. «Im Moment bin ich noch »Springer«, aber in der Zukunft wünsche ich mir ein eigenes Fahrzeug, das nur mir zugewiesen ist», hofft er. Er wendet den Lastzug routiniert auf dem zentralen Platz Oberwils und positioniert ihn vor der Sammelstelle im Untergeschoss einen grossen Holzhauses. «Hier pumpen wir elektrisch, mit Starkstrom, wegen des Motorenlärms», erklärt er. Um vier Uhr schlafen die meisten Menschen schliesslich noch. Aber vielleicht haben sie sich auch schon daran gewöhnt, dass jeden Morgen ein Lastwagen die Milch abholt um diese Zeit, und auch schon erste Verteilerfahrzeuge die Läden beliefern.  Nachdem er weiter «drunten» in Därstetten noch einen Teilladung aufgenommen hat, wo es inzwischen nur noch stark regnet, macht er sich auf die Fahrt nach Freiburg – mit  rund 23 500 Litern Milch in den Tanks.

Zweite Runde
In der Entladestation der Molkerei steht bereits ein anderer grüner Rolli-Truck, der «seine» Milch in die Bodentanks entlässt, während Fabian seinen Lastzug in Position bringt und blaue Schläuche an Muffen am Fahrzeug und an die Entladebatterie anschliesst. Nachdem die Tanks von Motorwagen und Anhänger leer sind, werden sie gespült. Was automatsich geht – bis auf neue, andere blaue Schläuche, die von Hand umgehängt werden müssen. Es ist Morgen, die Zeit, die normale Menschen zum Frühstück nutzen, und vielleicht Milch oder deren Produkte aus gerade dieser Molkerei (Cremo) auf den Tisch stellen, an dem sie frühstücken. Mit Frühstück für uns indes ist nichts – die Fahrt geht nun ins völlig verregnete Seeland, das sich um kleine Seen vergrössert hat, die in den Feldern stehenbleiben.
Auf einem freien Platz mit einem hohen Kastanienbaum stellt Fabian seinen Anhänger ab. «Hier müssen wir zwischendurch mal wieder herkommen, um umzupumpen», meint er, «denn nicht alles, was wir bei den Bauern nun abholen werden, passt in den Tank des Motorwagens.» 18 Posten stehen an – «eine so genannte Hoftour kann bis zu 30 umfassen». Fabian holt eine Ordner aus dem Staufach in der Kabine, in dem sämtliche Höfe des Gebietes mit Karten und Zufahrtskizzen und Fotos der Höfe verzeichnet sind. «Inzwischen kann ich die Tour auswendig, und zwar so, dass ich möglichst  wenig Zeit verliere, sprich immer den kürzestmöglichen Weg zu den Bauernhöfen finde.»
Die 18 Höfe hat er zwischen 9 und 12 Uhr «abgearbeitet» – Lastwagen optimal positioniert, Schlauch angehängt, im Durchschnitt in ein bis zwei Minuten geladen, Schlauch abgehängt, Probe genommen und geprüft, zum nächsten Bauern gestartet. «Pro Hof holen wir täglich zwischen 500 und 1500 Litern Milch ab – ungefähr.» Beim einen oder anderen saugt Fabian die Milch mit dem Schlauch in der Hand ab, es geht nicht anders – kein Anschluss an den Chromstahltanks. Etwa nach zwei Dritteln der Höfe kehrt er zum parkierten Anhänger zurück und «pumpt um». Das geht schnell – etwa 1100 Liter pro Minute. Beim letzten Hof muss er die Milch gleich zweier Bauern abholen – einer hat hier seinen Zisternenanhänger abgestellt. Nachdem alle Proben genommen und einsortiert sind, geht es zur Emmi, wo Fabian seinen Anhänger abstellt. Mit dem Motorwagen fährt er noch schnell nach Tägertschi BE zur Käserei, wo er rund 3000 Liter aus dem Käserei-eigenen Lastwagen in den verbleibenden Tank seines Actros umlädt, der noch Platz hat. «Fertig», stellt Fabian trocken fest. «Fast.» Und: Die Sonne scheint einmal, zur Abwechslung. Zurück in der Emmi schlürfe ich in der Pausen-Cafeteria meine erste Caffe Latte überhaupt – erfrischend, aber mir etwas zu kalt. Dazu gibt es Himbeerjoghurt. «Für alle Chauffeure ist das gratis», erklärt Fabian und mahnt zur Eile: «Noch drei Minuten.»
Abladen und Waschen und Spülen in der Emmi geht fast in Einem. Aber es dauert. Weil ein anderer Rolli-Truck zuerst dran ist und «nur an zwei Bahnen zugleich abgeladen werden kann». Doch nach wenigen Minuten ist Fabians Benz an der Reihe, und während die Milch in die Tanks des Milchverarbeiters strömt, steigt Fabian in Gummistiefel und hängt sich einen langen Gummischurz um. Dann seift er seinen neuen Truck gründlich ein und spült ihn ab – aussen erst einmal. Zwischendurch hängt er Schläuche um, damit – sobald die Rolli-Tanks leer sind – diese ein automatisches Reinigungsprogramm über sich ergehen lassen können. Die letzte Etappe eines von vier langen Arbeitstagen des jungen Chauffeurs ist gleich vorbei, und wenn Fabian seinen Mercedes in Gasel am Milchweg (wo sonst?) aufgetankt und abgestellt haben wird, hat er erst mal drei Tage frei. (hps)

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