A lire dans le Swiss Camion de mai: Océane Minguez, motivée et très attentive

(La traduction en allemand se trouve à la fin du texte en français)

«Mon père est très fier de moi»

IMG_5193-LMApprentie conductrice de camions, Océane Minguez (20 ans) travaille pour l’entreprise genevoise Serbeco. Nous l’avons suivie lors de son déplacement qui l’a menée de ­Genève à Berne et retour.

«Vous allez effectuer un reportage sur Océane? Vous verrez, elle est soigneuse et consciencieuse. Elle aime son travail et apprend vite.» Ces propos, que nous avait confiés un membre genevois des Routiers Suisses, étaient très prometteurs. Force est d’avouer qu’ils étaient parfaitement conformes à la vérité.

Toute seule «comme une grande»
IMG_5176La mission dévolue en ce jour à la jeune apprentie de deuxième année était de transporter 15 tonnes de déchets DCMI depuis le siège de Serbeco, entreprise genevoise spécialisée dans la récolte, le tri et le recyclage de rebuts, jusqu’à la décharge de Teuftal à l’ouest de Berne. Mais que sont donc ces déchets DCMI? «Ce sont avant tout des poussières de chantier», répond Océane. Il s’agit en effet de déchets admis en Décharge Contrôlée pour Matériaux Inertes. C’était la dixième fois qu’elle effectuait ce trajet Genève-Berne et ­retour. Les deux premières fois, elle était accompagnée de M. Bruno Chessel, son formateur chez ­Serbeco. Depuis, elle le fait toute seule «comme une grande». Le ­substantif «grande» n’est cependant pas tout-à-fait exact. «Je suis en fait de petite taille. Du coup, je n’arrive pas à ouvrir les deux battants qui se trouvent à l’arrière de la benne sans que je n’incline auparavant ladite benne», explique Océane.

IMG_5182-LMUn chauffeur de 1,90 m se serait certainement épargné cette manœuvre mais là n’est pas le propos. Ce qui compte aujourd’hui, c’est de voir qu’Océane apprend correctement son métier. «Et elle apprend vite», nous avait-on dit. Effectivement, contrairement à ces précédentes visites à la décharge de ­Teuftal, aucun machiniste n’est venu cette fois-ci lui indiquer l’endroit exact où elle devait déposer ses déchets. Qu’à cela ne tienne, elle s’est dirigée toute seule, «comme une grande», à proximité du monticule où elle avait déchargé sa «marchandise» la dernière fois. «J’ai déjà bien pris mes marques», relève-t-elle, non sans fierté, tout en observant les gestes du machiniste. Celui-ci l’a rejointe à côté du ­monticule précédemment évoqué au volant d’un rouleau-compresseur Ammann, du nom de l’entreprise dirigée jusqu’en 2010 par Johann Schneider-Ammann, l’actuel président de la Confédération.

«Je suis très fière de mon père»
IMG_5151Océane aime son travail. «Petite déjà, j’adorais accompagner mon père qui effectuait des transports internationaux. J’aimais aussi les paysages qui défilaient devant nous. Etre à l’extérieur au lieu d’être enfermée dans un bureau, c’est le rêve», confie-t-elle sur le chemin du retour lorsqu’un FA18, en phase d’atterrissage, nous dépasse par la droite à proximité de l’aérodrome de Payerne qui longe l’autoroute Berne-Yverdon.

IMG_5147Océane «soigneuse et consciencieuse»? Il suffit de la voir à l’œuvre pour s’en convaincre. Que ce soit lorsqu’elle replie avec soin la bâche qui recouvrait la benne de «son» Mercedes Actros. Ou que ce soit sur l’autoroute où elle respecte scrupuleusement les limitations de vitesse. «Etre consciencieuse, c’est la moindre des choses par rapport à un employeur qui nous fait confiance et qui nous met à disposition un véhicule de cette valeur», relève-t-elle avant d’ajouter que son père est très fier qu’elle ait choisi le même métier que lui. «Moi aussi, je suis très fière de lui. Il m’a non seulement appris à conduire des camions, mais également la voiture et la moto», ajoute Océane qui attend avec impatience le retour des beaux jours afin de ressortir sa Kawasaki Z300: «C’est à son guidon que je me rends au travail quand les conditions ­météorologiques sont bonnes. Sinon, j’utilise ma petite Toyota Yaris.» On comprend aisément son impatience! (Laurent Missbauer)

«Mein Vater ist stolz auf mich»

IMG_5170Die Lastwagenführerinlehrtochter, Océane Minguez (20), arbeitet bei der Genfer Firma Serbeco. Wir begleiteten sie auf einer Fahrt nach Bern und zurück.

Ihr wollt eine Reportage über Océane machen? Ihr werdet sehen: Sie ist sorgfältig und gewissenhaft. Sie liebt ihre Arbeit und lernt schnell.» Diese Hinweise, die uns ein Mitglied der Genfer Sektion der Routiers Suisses anvertraut hat, waren vielversprechend, und sie haben sich als völlig richtig erwiesen. Bei der heute der im zweiten Lehrjahr stehenden Lastwagenführerin-Lehrtochter anvertrauten Fuhre handelt es sich um 15 Tonnen DCMI-Abfall, der vom Sitz der Serbecon in die Deponie Teuftal, westlich von Bern, überführt werden muss.

Die Serbeco ist ein Genfer Unternehmen, spezialisiert auf das Einsammeln, Trennen und Verwerten von Abfall. Was aber genau sind DCMI-Abfälle ? «Vor allem Bauschutt», beantwortet Océane die Frage. Bei den vier Buchstaben handelt es sich um die Abkürzung von «Décharge Controlée pour Matériaux Inertes», was soviel bedeutet wie «Kontrollierte Entsorgung von inertem Material».

Die zehnte Tour
IMG_5176Bereits zum zehnten Mal ist sie auf dieser Tour Genf-Bern unterwegs. Bei den beiden ersten Fahrten wurde sie von Bruno Chessel, ihrem Ausbilder bei Serbeco, begleitet. Seitdem fährt sie allein, «wie eine Grosse». Das Wort «Grosse» trifft allerdings nicht ganz zu: «Ich bin eher klein gewachsen. Deshalb muss ich die Ladebrücke zuerst etwas ankippen, bevor ich die Heckklappe öffnen kann», erklärt Océane.

IMG_5182-LMEin gross gewachsener Chauffeur kann sich ein solches Manöver natürlich ersparen, aber das ist nicht das Entscheidende. Viel wichtiger ist, dass Océane eine gute Ausbildung erhält. «Und sie lernt schnell», sagte man uns. Und das stellt sie heute auch unter Beweis. Im Gegensatz zu den früheren Touren gibt ihr im Teuftal niemand Anweisungen, wo genau sie entladen soll. So fährt sie zielstrebig in die Nähe des Schutthaufens, bei dem sie beim letzten Mal entlud und kippte die Ladung «wie eine Grosse», am richtigen Ort. «Ich kenne meine Plätze», sagt sie nicht ohne Stolz, und beobachtet dabei die Gesten des Maschinisten, der sich inzwischen auf seiner Ammann-Dampfwalze genähert hat, ein Gefährt der gleichnamigen Firma, die bis zum Jahr 2010 durch den gegenwärtigen Bundespräsidenten, Johann Schneider-Ammann, geleitet wurde.

«Ich bin sehr stolz auf meinen Vater»
IMG_5193-LMOcéane liebt ihre Arbeit. «Schon als klein durfte ich meinen Vater auf seinen Auslandfahrten begleiten und genoss die vorüberziehenden Landschaften. Unterwegs sein anstatt eingesperrt in einem Büro – das ist mein Traum», meint sie auf der Rückfahrt, während wir auf der Höhe von Payerne von einer landenden FA18 «überholt» werden.
Océane «sorgfältig und gewissenhaft»? Es genügt, sie an der Arbeit zu beobachten. Sei es beim Verzurren der Blache an der der Ladebrücke «ihres» Mercedes-Benz Actros oder auf der Autobahn, auf der sie die Geschwindigkeitslimiten peinlich genau einhält.

IMG_5151«Gewissenhaftigkeit ist das Mindeste, was man seinem Arbeitgeber schuldet, der einem nicht nur vertraut, sondern auch ein teures Fahrzeug anvertraut», führt sie aus um gleich noch anzufügen, dass ihr Vater sehr stolz auf sie sei, weil sie denselben Beruf ergriffen habe wie er. «Auch ich bin sehr stolz auf ihn. Er brachte mir nicht nur Lastwagen-, sondern auch Auto- und Motorradfahren bei», erklärt Océane, die übrigens kaum das schöne  Wetter erwarten kann, um ihren Kawasaki Z300 hervorzuholen: «Bei schönem Wetter fahre ich mit ihr zur Arbeit, sonst halt mit meinem kleinen Toyota Yaris.» Ihre Ungeduld ist verständlich! (Laurent Missbauer)

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A lire dans le Swiss Camion d’avril: une journée avec Michael Nützi

(La traduction en allemand se trouve à la fin du texte en français)

La tournée de sel de Michael NütziDSC_7885

L’hiver était encore bien présent le 8 mars lorsque nous avons accompagné Michael Nützi (39 ans) qui était chargé de répandre du sel sur le réseau autoroutier.

Pour répandre du sel, à raison de 9 grammes par m2, sur le tronçon entre le Centre d’entretien de Spiez et Berne (50 km aller/retour), les quatre saleuses du centre nécessitent 25 tonnes de sel. Avec son camion-silo, Michael Nützi en apportera quasiment le double et déchargera sa marchandise dans deux grands silos contenant chacun quelque 200 tonnes de sel. Il est 5 h du matin lorsque Michael Nützi quitte le site de son employeur, l’entreprise Giezendanner à Rothrist. Sa tournée de 500 km comprend deux déchargements et un chargement. Sa semi-remorque silo de 37 m3 avait déjà été chargée avec 29 tonnes de sel la veille.

De gros flocons de neige
Ce matin-là, l’hiver marquait son retour avec de gros flocons virevoltant devant le pare-brise. Plus nous nous rapprochions du lieu de déchargement et plus il neigeait, à tel point qu’un manteau blanc commençait à recouvrir le paysage. Pour le moment, l’autoroute A6 était encore plus ou moins noire et notre camion, un MAN TGS de 430 ch filait droit vers l’objectif. Un TGS? «Un tracteur dont le poids a été optimisé», précise Michael Nützi. «Même si parfois, nous préférerions pouvoir disposer d’un moteur plus puissant car nous roulons à 40 tonnes. Et la grande cabine serait aussi plus belle. Mais n’oublions pas que chaque kilo compte», ajoute judicieusement ce chauffeur qui n’a pas besoin de me dire qu’il est un inconditionnel de MAN. Sa cabine, ses sièges et ses vitres arborent tous le logo MAN!
Le camion roule lentement en arrivant au centre d’entretien de l’autoroute. Michael Nützi manœuvre avec son semi-remorque afin de le placer à proximité du tuyau de ­raccordement. «A partir de maintenant, il ­faudra attendre entre 45 minutes et une heure pour que le déchargement soit terminé», m’avertit-il avant de connecter le tuyau au manchon du silo installé sur la semi-­remorque, de mettre en route le compresseur et de lancer la procédure de pompage. «Nous pompons le sel avec une pression de deux bars environ». Les conduites d’air du véhicule ne tardent pas à chauffer, ce qui permet de se réchauffer les mains! Appréciable avec le temps froid (0°C) et humide DSC_7918qu’il fait ce matin. De temps à autre, au fur et à mesure que le silo se vide, Michael Nützi tape avec son marteau en caoutchouc sur le silo afin de faire tomber le sel qui ­s’accroche aux parois. Plus le silo se vidait et plus il commençait à faire jour.

Un chargement très rapide
Nous avons ensuite repris la route après avoir pris notre pause réglementaire au ­restoroute de Münsingen. Direction Möhlin, en passant par le massif du Belchen afin de rejoindre les salines de Riburg où le ­deuxième chargement du jour nous attendait. «Là-bas, tout va très vite. Il ne faut pas plus de huit minutes pour remplir le silo et l’intégralité de la procédure de chargement ne prend qu’un quart d’heure. Je dois simplement me placer sous le tuyau de chargement, relever la rampe au-dessus du véhicule, introduire les données (n° du mandat, n° de client et n° des plaques du véhicule), aller chercher une signature et c’est tout», explique-t-il.
Après avoir grimpé sur le silo, Michael Nützi ouvre deux couvercles et place le tuyau de chargement de manière précise sur la première ouverture. Le sel tombe alors dans le premier compartiment du silo qui se remplit rapidement. Il répète ensuite l’opération sur la deuxième ouverture. Bien que ce sel de ­couleur blanche ressemble au sel de cuisine, il ne peut pas être utilisé à des fins alimentaires car il est dénaturé.

Trois à quatre heures de queue!
Le dôme qui se situe juste à côté de la station de chargement peut contenir jusqu’à 70 000 tonnes de sel. Et comme cette réserve n’est pas suffisante pour couvrir les besoins lors des hivers rigoureux, les salines de Riburg ont fait construire un second dôme (Saldome 2) qui permet de stocker 100 000 tonnes de sel. «Aujourd’hui, c’est une journée tranquille, mais il en va parfois différemment», note Michael Nützi. «Durant les vrais hivers, nous formons parfois jusqu’à trois équipes pour acheminer le sel et, à Möhlin, les camions font parfois la queue pendant trois ou quatre heures avant de pouvoir charger.» Et pendant l’été? «Je transporte du ciment, avec le même véhicule!» (hps)

Zückerli-Tour mit Streusalz

DSC_7941Ein bisschen Winter Anfang März (8.3.): Da war Streusalz gefragt. Giezendanner-Chauffeur Michael Nützi (39) hatte einen Auftrag für den Autobahnwerkhof Spiez.

Die vier Streufahrzeuge des Werkhofes Spiez brauchen beim Auftragen von etwa neun Gramm pro Quadratmeter für die Strecke vom Werkhof bis Bern retour – rund 50 Kilometer – 25 Tonnen Salz. Etwa zweimal soviel brachte Michael mit seinem Silofahrzeug zum Werkhof, wo zwei grosse Holz-Silos mit je rund 200 Tonnen Fassungsvermögen stehen. Um fünf Uhr startete Nützi in Rothrist vom Giezendanner-Hof. «Das gibt eine Zückerli-Tour», prophezeite er, während er vorsichtshalber noch einmal auftankte, und meinte damit nicht die Salzladung, sondern die Kilometer, die vor uns lagen – rund  500. Und nur zweimal abladen und einmal beladen. Denn der Siloauflieger mit 37 Kubikmeter Fassungsvermögen war bereits mit 29 Tonnen vorgeladen, als er auf die Reise ging – nach Spiez also zuerst.

Es herrschte eindeutig Winter, dicke Schneeflocken wirbelten vor der Windschutzscheibe. Je mehr sich der Lastwagen seinem Ziel näherte, um so mehr schneite es. Und die Landschaft begann sich in eine weiss gepolsterte Winterwelt zu verwandeln. Die A6 indes war noch ziemlich schwarz. Die Zugmaschine, ein MAN TGS mit 430 PS, tuckerte vor sich hin. Ein TGS? «Ein gewichtsoptimierter Leichtschlepper», erklärte Michael. «Manchmal wären mir aber ein stärkerer Motor lieber, immerhin haben wir 40 Tonnen zu bewegen. Und die grosse Kabine wäre auch schöner. Aber eben, jedes Kilo zählt hier», bemerkte der Chauffeur, der sich nicht als MAN-Fan outen musste, denn die Ausstattung der Kabine, die Sitzbezüge mit MAN-Logo und die Aufkleber in den Ecken der Seitenscheiben sprachen für sich. Der Truck rollte langsam in den Werkhof, der  noch im Dämmerschlaf zu liegen schien.

Michael manövrierte den Siloauflieger in die Nähe des Schlauchanschlusses. «Jetzt dauerte es ungefähr 45 Minuten bis zu einer Stunde, bis wir entladen haben», sagte er, bevor er den Verbindungsschlauch an der Muffe des Silofahrzeugs und dann am Schlauchanschluss des Hochsilos einklinkte, den Kompressor anwarf und den Pumpvorgang einleitete. «Wir pumpen mit etwa zwei Bar.» Schnell erhitzte sich die Luftleitung am Fahrzeug: Gut zum Händewärmen bei dem Wetter. Es herrschten um die null nasskalte Grad. Ab und an, je mehr sich der Silo leerte, klopfte Michael mit dem Gummihammer an die Seitenwände, damit sich am Metall haftende Auftausalzreste auch lösten. «Es ist nicht ganz trocken, hat etwa 1,5 Prozent Feuchtigkeitsanteil», erklärte er. Und je mehr sich der Silo leerte, um so tagheller wurde es.

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Wenig später rollte der MAN zurück – nach der vorgeschriebenen Pause in der Raststätte Münsingen – in Richtung Möhlin über den Belchen zu den Schweizer Salinen Riburg, wo die zweite Ladung des Tages wartete. «Das geht dort sehr schnell, sagte Michael. «Innert acht Minuten ist der Transportsilo beladen, und in etwa einer Viertelstunde der ganze Ladevorgang abgeschlossen. Ich muss nur unter den Beladeschlauch fahren, das Geländer auf dem Fahrzeug hochklappen, Auftragsdaten, Kundennummer und Fahrzeugkennzeichen eingeben und noch eine Unterschrift abholen, und fertig.»
Auf dem Silo öffnete Michael zwei Domdeckel und steuerte den Befüllschlauch präzise über den ersten, vorderen. Das Salz rieselte in die Tiefen des Silotanks, der sich schnell füllte. Wenig später auf den hinteren Dom umgehängt, und auch der hintere Teil des Transportsilos war in Kürze voll. Obwohl das Salz weiss ist, entfernt aussieht wie Speisesalz und auch genau so schmeckt, ist es ungeniessbar und nicht zum Verzehr geeignet, da denaturiert. Es lagert in Massen, bis zu 70 000 Tonnen, im gewaltigen Dom gleich neben der Ladestation, unter der sich drei weitere Silofahrzeuge eingefunden haben. Und weil der Vorrat bei schneereichen, langen Wintern längst nicht mehr ausreicht, ist in den Salinen ein zweiter Dom (Saldome2) erstellt worden, der 100 000 Tonnen Auftausalz fasst.

DSC_7984«Das ist heute ein richtiger Zückerli-Tag und bei weitem nicht immer so», sagte Michael abschliessend. In einem richtig harten Winter fahren wir manchmal in drei Schichten und zum Laden stauen sich die Trucks in Möhlin schon mal bis zu drei, vier Stunden. Und im Sommer? «Da fahre ich mit diesen Auflieger Zement.» (hps)

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A lire dans le Swiss Camion de mars: Jonathan Perroud, un jeune chauffeur qui a réalisé son rêve

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(La traduction en allemand se trouve à la fin du texte en français)

Un rêve qui est devenu réalité

Depuis tout jeune, Jonathan Perroud rêvait de conduire des camions. Ce rêve est devenu une réalité qui le conduit parfois à l’étranger. Cela a notamment été le cas lorsque nous l’avons accompagné à la fin du mois de janvier en Alsace.

Débutée à 5 heures du matin, la journée du 27 janvier a emmené Jonathan Perroud (23 ans) depuis le dépôt de son employeur Berthod Transports à Sion, en Valais, jusqu’en Alsace, plus précisément à Biesheim, non loin de Colmar. Le but de ce déplacement consistait à transporter deux blocs d’aluminium de 20 tonnes qui avaient été chargés la veille à la fonderie de Steg dans le Haut-Valais.

«Mon bureau est ouvert sur le monde»

IMG_4779-LMSituée sur les rives du Rhin, l’usine de transformation d’aluminium de Biesheim occupe plus de 1400 salariés. Elle a récemment fait l’objet d’importants investissements afin de répondre à la demande croissante des constructeurs automobiles en aluminium. Celui que nous transportons aujourd’hui servira-t-il à produire des éléments des Bugatti assemblées non loin de là en Alsace? Jonathan Perroud l’ignore. «Ce que je sais en revanche, c’est que nous passerons à proximité du circuit de l’Anneau du Rhin où il n’est pas rare de voir tourner des Bugatti», explique Jonathan Perroud. «J’adore ces déplacements à l’étranger. Je découvre plein de choses, comme par exemple l’emplacement de la centrale nucléaire de Fessenheim qui fait beaucoup parler d’elle, non seulement en France mais également en Allemagne et en Suisse. En fait, j’adore ma profession de chauffeur. Mon bureau, c’est mon camion et il est ouvert sur le monde. Jamais, je ne ­pourrais travailler enfermé entre quatre murs.»

IMG_4787Ce plaisir de la découverte, associé à une certaine indépendance et à une très grande passion pour les camions, lui permet ainsi de faire passer au second plan ­certains inconvénients du métier comme, par exemple, les conditions de circulation souvent très pénibles entre Berne et Bâle ou les inévitables attentes: à la douane, aussi bien à l’aller qu’au retour, à l’entrée du site de Constellium à Biesheim ou à la station-service d’Ottmarsheim «où certains chauffeurs polonais y restent beaucoup plus de temps que nécessaire afin de transformer un plein en une pause obligatoire», déplore notre jeune Valaisan qui avait été sacré en 2012 meilleur apprenti chauffeur poids lourds de Suisse romande.

La camaraderie entre collègues

IMG_4843-LMParmi les autres points positifs figure le fait de conduire de beaux camions. «Chez Berthod Transports, nous sommes gâtés avec les Volvo de dernière génération», reconnaît Jonathan Perroud. «Les camions Volvo ne sont pas seulement très bien finis, ils sont également à la pointe de la technologie, que soit au niveau du respect de l’environnement, de la sécurité ou de la puissance. Même chargés avec deux blocs d’aluminium de 20 tonnes, nous avons gravi à 55 km/h une montée aussi pentue que celle qui mène de Vevey à Châtel-St-Denis.»

Un autre aspect agréable du métier est la camaraderie entre collègues. Jusqu’à Egerkingen, Jonathan Perroud a roulé avec l’apprenti Kevin Frily qui a ensuite poursuivi sa route en direction de Zurich. Une fois arrivé à Biesheim, notre jeune chauffeur a rencontré le doyen de l’entreprise, Pierrot Berthod. «Après avoir déchargé tes blocs d’aluminium, viens donc manger avec moi à midi. Je connais un bon petit resto à Volgelsheim», lui a-t-il ­lancé. L’adresse était en effet très agréable, tout comme l’a été le retour en Suisse après avoir embarqué 24 palettes d’engrais à Wittenheim et avoir admiré les «magnifiques» montagnes qui découpaient un ciel teinté de rose du côté de Berne et de Fribourg.

IMG_4915-LM«Les paysages qui défilent devant mon camion ne sont pas toujours aussi magiques que ce soir, mais quand ils le sont, ils me confortent dans le bien-fondé d’avoir choisi le métier de chauffeur», conclut Jonathan Perroud avec un large sourire! (Laurent Missbauer)

 

 

Ein Traum ging in Erfüllung

IMG_4791Schon als kleiner Bub träumte Jonathan Perroud davon, dereinst am Steuer eines Lastwagens zu sitzen. Dieser Traum ging in Erfüllung und führt ihn ab und zu sogar ins Ausland. Dies war auch der Fall, als wir ihn ende (statt Ende?) Januar auf einer Fahrt ins Elsass begleiteten.

Der um fünf Uhr früh begonnene 27. Januar führte Jonathan Perroud (23 jährig) vom Transporthof seines Arbeitgebers, der Firma Berthod Transports in Sion (VS) ins Elsass, nach Biesheim in der Nähe von Colmar. Grund dieser Fahrt war der Transport zweier Aluminiumblöcke von 20 total Tonnen, die am Vorabend in der Giesserei Steg im Oberwallis geladen worden sind.

«Mein Büro ist offen»

IMG_4787Bei der am Rhein gelegenen Aluminium-Verarbeitungsfabrik in Beisheim sind mehr als 1400 Leute beschäftigt. Um der steigenden Nachfrage der Autobranche nach Aluminium gerecht zu werden, wurden kürzlich erhebliche Investitionen getätigt. Wird unser Transportgut möglicherweise zur Herstellung der Bugattis verwendet, die nicht allzuweit entfernt zusammengebaut werden? Jonathan Perroud weiss es nicht. «Was ich hingegen weiss, dass wir ganz nah am Rheinring vorbeifahren, wo ab und zu Bugattis ihre Runden drehen (getestet werden wäre vielleicht besser?)», erklärt Jonathan Perroud. «Fahrten ins Ausland schätze ich sehr. Es gibt vieles zu entdecken, so zum Beispiel das Kernkraftwerk Fessenheim, das viel zu reden (statt Reden) gibt, nicht nur in Frankreich, sondern auch in Deutschland und der Schweiz. Abgesehen davon : ich liebe meinen Beruf als Chauffeur über alles. Der Lastwagen ist mein Büro und es ist offen. Niemals könnte ich, eingesperrt in vier Mauern, arbeiten.»

IMG_4868Die Freude Neues zu entdecken, gepaart mit einer gewissen Unabhängigkeit und grosser Leidenschaft für Lastwagen, lassen manche, der mit dem Beruf verbundenen Unannehmlichkeiten vergessen. So sind die vielfach recht prekären Verkehrsverhältnisse zwischen Bern und Basel sowie die oftmals längeren Wartezeiten am Zoll, am Eingang des Constellium Biesheim oder an der Service-Station Ottmarsheim «wo vor allem polnische Chauffeure das Auftanken dazu benutzen, die obligatorische Pause einzulegen» oft recht mühsahm, führt unser junger Walliser aus, der im Jahre 2012 als bester Chauffeur-Lehrling der welschen Schweiz ausgezeichnet wurde.

Schöne Lastwagen und gute Kollegen

Zu seinem positiven Berufsbild gehört auch das Lenken schöner Lastwagen. «Bei Berthod Transports, sind wir mit den Volvos der neusten Generation natürlich verwöhnt», schwärmt Jonathan. «Die Volvo Lastwagen sind nicht nur hervorragend verarbeitet, sondern auch technologisch an vorderster Front, sowohl was die Umweltfreundlichkeit anbetrifft als auch in Bezug auf Sicherheit und und Leistung. Selbst mit den geladenen Aluminiumblöcken von 20 Tonnen befuhren wir eine Steigung ähnlich derjenigen von Vevey nach Châtel-St-Denis locker mit 55 km/h.» Als weiteren positiven Aspekt empfindet er die ausgezeichnete Kameradschaft unter Berufskollegen.

IMG_4767Bis Egerkingen begleitet uns der Lehrling Kevin Frily, der anschliessend seine Fahrt Richtung Zürich fortsetzte. In Biesheim angekommen, trifft Jonathan auf seinen Patron, Pierrot Berthod. «Komm, wenn Du Deine Aluminiumblöcke abgeladen hast, mit mir essen, ich kenne ein kleines und gutes Restaurant in Volgelsheim», ruft er ihm zu. Das Essen war wirklich gut, angenehme Atmosphäre, ähnlich wie die Heimreise, nachdem in Wittenheim 24 Palette Dünger geladen wurden. Zwischen Bern und Freiburg wurden wir von einem wunderbaren Abendrot empfangen, das die Freiburger Alpen in ein rosa Licht tauchte.

«Die vorbeiziehenden Landschaften sind nicht immer dermassen magisch wie heute Abend, aber wenn sie es sind, werde ich einmal mehr darin bestätigt, den richtigen Beruf ergriffen zu haben», beschliesst Jonathan Perroud mit einem breiten Lachen! (Laurent Missbauer)

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Korrigendum / Rectificatif

Korrigendum: Bericht zu Kabotage im SWISS CAMION 03/2016
(Le texte en français se trouve à la fin du texte en allemand)

schoeni02Einzelne Informationen im SWISS CAMION Nr. 03/2016 zum Thema Kabotage sind aufgrund eines Missverständnisses mit der Waadtländer Kantonspolizei entstanden. Die Firma Schöni wurde nicht wegen Kabotageverstössen angezeigt. Es besteht kein Polizeirapport, wonach die Firma Schöni angezeigt worden wäre.

Gemäss Informationen der Firma Schöni hat das gezeigte Fahrzeug 15 Paletten aus Deutschland entladen und keine Ladung für eine Inlanddestination übernommen. Es entstand kein Verstoss gegen Kabotagevorschriften.

Ich entschuldige mich bei der Firma Schöni für diese Falschinformation.

Mit besten Grüssen

David Piras, Generalsekretär Les Routiers Suisses

Rectificatif: article sur le cabotage dans le SWISSCAMION 03/2016

schoeni02Certaines informations relatives à la thématique du cabotage qui ont été publiées dans le SWISS CAMION du mois de mars 2016 sont issues d’un malentendu avec la Police cantonale vaudoise. L’entreprise Schöni n’a pas été dénoncée en raison d’une infraction contre l’interdiction de cabotage. Il n’y existe pas de rapport de police selon lequel l’entreprise Schöni a été dénoncée.

Selon les informations fournies par l’entreprise Schöni, le camion qui illustrait notre article a déchargé 15 palettes de marchandises provenant d’Allemagne et n’a pris aucune marchandise pour un transport national. Il n’y a donc eu aucune infraction contre l’interdiction de cabotage.

Je prie l’entreprise Schöni de bien vouloir m’excuser pour cette information incorrecte.

Avec mes salutations les meilleures,

David Piras, Secrétaire général des Routiers Suisses

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Das lesen Sie im Swiss Camion Februar: Fabian Bähler, Serie “Junge Chauffeurs”

(La traduction en français, se trouve au-dessous du texte en allemand)

Der Milchsammler

DSC_6904Milchsammeln? Warum eigentlich nicht? Vor allem, wenn man von dieser Transportaufgabe keine Ahnung hat. Der Jungchauffeur Fabian Bähler (24) von Rolli hat uns gezeigt, wie das geht.

Halb drei Uhr. Hudelwetter. Stocknacht. Wir sind unterwegs ins Simmental Richtung Zweisimmen. Ziel: St. Stephan. Wir, das sind Fabian Bähler (24), Chauffeur, sein Truck, ein funkelnagelneuer Actros 2543 des Transportunternehmens Rolli aus Gasel BE, und ich, der SC-Reporter. Auf Frühtour, im wahrsten Sinne des Wortes. Normale Menschen schlafen jetzt tief. Nicht so Fabian. Offenbar ist er kein normaler Mensch, denn er muss jetzt hellwach sein. Auch wenn er allein auf der Strasse zu sein scheint mit seinem 40-Tonner-Milchsammler. Gegenverkehr auf der ziemlich kurvigen Strasse? Fehlanzeige. «Tolle Fahrbedingeungen um diese Zeit. Kaum einer unterwegs», freut er sich. Wie kann man sich um diese Zeit freuen? Seine Freude rührt andererseits auch daher, dass er heute das neueste Fahrzeug aus der Rolli-Flotte zu bewegen hat. Das bedarf zwar grösster Aufmerksamkeit, aber ihrer bedarf es im Chauffeurenjob immer. Weshalb er auch noch einen Teil der Freude aus der Tatsache schöpft, dass er «totaler Mercedes-Fan» und der Lastwagen samt Anhänger brandneu ist. «Fährt sich super, gute Strassenlage, angenehmes Motorgeräusch, guter Sitz, viel Platz in der Kabine», lobt er. Sechs solcher Fahrzeuge habe das Unternehmen gerade angeschafft. Die Freude ist nur ein wenig getrübt, weil jetzt Schneefall einsetzt – diese grossen, matschigen Flocken, die nach wenigen Höhenmetern auf der Strasse ansetzen. Und auch schon an den Scheibenwischern. «Das muss ich jetzt nicht haben», sagt er, kommt aber dann schnell zum Arbeitsprogramm des Tages, der im Hudelwetter-Modus vergehen sollte. «Wir laden zuerst in St. Stephan an der dortigen Sammelstelle, danach geht es retour über Oberwil i. S., ein kleines Dorf, zu dem wir eine steile Anfahrt über die Schwendimatte haben, und anschliessend zur Milchsammelstelle nach Därstetten. Danach sind die Kammern wohl gefüllt, und wir fahren eine Weile nach Freiburg zur Grossmolkerei Cremo, wo abgeladen wird. Nach dem Abladen werden die Tanks gespült, also gereinigt.»

Zu  diesen Zeitpunkt ahne ich noch nicht, wie gross der Wasch-, Reinigungs- und Spülanteil an der Arbeit Fabians ist. Sehr gross, wie sich herausstellen sollte. «Damit ist dann die erste Tour zu Ende und es geht anschliessend ins Seeland. Das ist die so genannte Emmi Tour – wir laden Milch bei insgesamt 18 Bauernhöfen, die wir nach Bern bzw. Ostermundingen zur Emmi bringen werden. Das wäre so das heutige Programm.» Klingt «easy». In Unkenntnis der modernen Milchsammel-Arbeit stelle ich mir den Teil mit den Bauern so vor, dass diese zum Lastwagen kommen mit Milchkannen auf dem Leiterwägelchen im Schlepptau. Diese Art von Arbeitsromantik ist selbstverständlich passé. Maschinen, Elektronik und Chromstahl haben alles verändert.

Zwischenmenschliche Kontakte zwischen Bauer und Chauffeur finden nur in Ausnahmefällen statt, und das Laden ist eine Sache von Minuten. Aber dazu später.
Nachdem Fabian im grössten Schneegestöber sein Fahrzeug vor der St. Stephaner Sammelstelle positioniert hat, bringt er drinnen einen durchsichtigen Plastikschlauch am Edelstahltank an. Während insgesamt etwa 7400 Liter Milch in eine der drei Kammern des Lastwagenaufbaus strömen, erklärt er mir das chromstahlblitzende, scheinbar verwirrende Röhrengewirr im Heck des Lastwagens, die unterschiedlichen Schläuche und die Leitungen auf und an den Aufbauten. Besonders auffällig – ein kleiner Hochtank mit Sichtfenster, den er mit dem Begriff  Luftabscheider näher beschreibt, und – hinter Plexiglas – graue Plastikkästen mit Monitoren, die jede Menge Informationen liefern – vom Ladezustand der Tankkammern bis zur genauen GPS-Position des Fahrzeugs. «Wir pumpen etwa 600 Liter in der Minute», erklärt der junge Chauffeur. Auch ein kleiner Drucker ist an Bord. In Chromstahlkästen seitlich am Heck des Tankaufbaus befinden sich zwei Metallgitterspiralen mit kleinen Fläschchen sowie eine kleine Füllanlage für eine Halbliterglasflasche: «Hier werden automatisch Proben der getankten Milch gezogen und abgefüllt.» Nach rund 20 Minuten ist der Ladevorgang in St. Stephan abgeschlossen.

«Ich will eigentlich gar keinen anderen Job», meint Fabian während der Talfahrt zur nächsten Sammelstelle, als bereits Schneepflüge und erste Lastwagen entgegenkommen. «Im Moment bin ich noch »Springer«, aber in der Zukunft wünsche ich mir ein eigenes Fahrzeug, das nur mir zugewiesen ist», hofft er. Er wendet den Lastzug routiniert auf dem zentralen Platz Oberwils und positioniert ihn vor der Sammelstelle im Untergeschoss einen grossen Holzhauses. «Hier pumpen wir elektrisch, mit Starkstrom, wegen des Motorenlärms», erklärt er. Um vier Uhr schlafen die meisten Menschen schliesslich noch. Aber vielleicht haben sie sich auch schon daran gewöhnt, dass jeden Morgen ein Lastwagen die Milch abholt um diese Zeit, und auch schon erste Verteilerfahrzeuge die Läden beliefern.  Nachdem er weiter «drunten» in Därstetten noch einen Teilladung aufgenommen hat, wo es inzwischen nur noch stark regnet, macht er sich auf die Fahrt nach Freiburg – mit  rund 23 500 Litern Milch in den Tanks.

Zweite Runde
In der Entladestation der Molkerei steht bereits ein anderer grüner Rolli-Truck, der «seine» Milch in die Bodentanks entlässt, während Fabian seinen Lastzug in Position bringt und blaue Schläuche an Muffen am Fahrzeug und an die Entladebatterie anschliesst. Nachdem die Tanks von Motorwagen und Anhänger leer sind, werden sie gespült. Was automatsich geht – bis auf neue, andere blaue Schläuche, die von Hand umgehängt werden müssen. Es ist Morgen, die Zeit, die normale Menschen zum Frühstück nutzen, und vielleicht Milch oder deren Produkte aus gerade dieser Molkerei (Cremo) auf den Tisch stellen, an dem sie frühstücken. Mit Frühstück für uns indes ist nichts – die Fahrt geht nun ins völlig verregnete Seeland, das sich um kleine Seen vergrössert hat, die in den Feldern stehenbleiben.
Auf einem freien Platz mit einem hohen Kastanienbaum stellt Fabian seinen Anhänger ab. «Hier müssen wir zwischendurch mal wieder herkommen, um umzupumpen», meint er, «denn nicht alles, was wir bei den Bauern nun abholen werden, passt in den Tank des Motorwagens.» 18 Posten stehen an – «eine so genannte Hoftour kann bis zu 30 umfassen». Fabian holt eine Ordner aus dem Staufach in der Kabine, in dem sämtliche Höfe des Gebietes mit Karten und Zufahrtskizzen und Fotos der Höfe verzeichnet sind. «Inzwischen kann ich die Tour auswendig, und zwar so, dass ich möglichst  wenig Zeit verliere, sprich immer den kürzestmöglichen Weg zu den Bauernhöfen finde.»
Die 18 Höfe hat er zwischen 9 und 12 Uhr «abgearbeitet» – Lastwagen optimal positioniert, Schlauch angehängt, im Durchschnitt in ein bis zwei Minuten geladen, Schlauch abgehängt, Probe genommen und geprüft, zum nächsten Bauern gestartet. «Pro Hof holen wir täglich zwischen 500 und 1500 Litern Milch ab – ungefähr.» Beim einen oder anderen saugt Fabian die Milch mit dem Schlauch in der Hand ab, es geht nicht anders – kein Anschluss an den Chromstahltanks. Etwa nach zwei Dritteln der Höfe kehrt er zum parkierten Anhänger zurück und «pumpt um». Das geht schnell – etwa 1100 Liter pro Minute. Beim letzten Hof muss er die Milch gleich zweier Bauern abholen – einer hat hier seinen Zisternenanhänger abgestellt. Nachdem alle Proben genommen und einsortiert sind, geht es zur Emmi, wo Fabian seinen Anhänger abstellt. Mit dem Motorwagen fährt er noch schnell nach Tägertschi BE zur Käserei, wo er rund 3000 Liter aus dem Käserei-eigenen Lastwagen in den verbleibenden Tank seines Actros umlädt, der noch Platz hat. «Fertig», stellt Fabian trocken fest. «Fast.» Und: Die Sonne scheint einmal, zur Abwechslung. Zurück in der Emmi schlürfe ich in der Pausen-Cafeteria meine erste Caffe Latte überhaupt – erfrischend, aber mir etwas zu kalt. Dazu gibt es Himbeerjoghurt. «Für alle Chauffeure ist das gratis», erklärt Fabian und mahnt zur Eile: «Noch drei Minuten.»
Abladen und Waschen und Spülen in der Emmi geht fast in Einem. Aber es dauert. Weil ein anderer Rolli-Truck zuerst dran ist und «nur an zwei Bahnen zugleich abgeladen werden kann». Doch nach wenigen Minuten ist Fabians Benz an der Reihe, und während die Milch in die Tanks des Milchverarbeiters strömt, steigt Fabian in Gummistiefel und hängt sich einen langen Gummischurz um. Dann seift er seinen neuen Truck gründlich ein und spült ihn ab – aussen erst einmal. Zwischendurch hängt er Schläuche um, damit – sobald die Rolli-Tanks leer sind – diese ein automatisches Reinigungsprogramm über sich ergehen lassen können. Die letzte Etappe eines von vier langen Arbeitstagen des jungen Chauffeurs ist gleich vorbei, und wenn Fabian seinen Mercedes in Gasel am Milchweg (wo sonst?) aufgetankt und abgestellt haben wird, hat er erst mal drei Tage frei. (hps)

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A lire dans le Swiss Camion du mois de février: Fabian Bähler, série « Jeunes chauffeurs »

Un jeune chauffeur en charge de la collecte du lait

DSC_6904Suivre un jeune chauffeur dans sa tournée pour collecter du lait? Pourquoi pas étant donné que nous n’avions pas la moindre idée des différents aspects liés à ce travail? C’est Fabian Bähler, un jeune chauffeur de 24 ans, qui nous a permis de lever le voile sur quelques-uns de ces aspects.

Il est deux heures et demie du matin, il fait nuit noire et nous roulons dans le Simmental, en direction de Zweisimmen. Objectif: St-Stephan. Quand je dis «nous», je veux parler de Fabian Bähler, le jeune chauffeur, de son Mercedes Actros 2543 flambant neuf de l’entreprise Rolli de Gasel (BE) et de votre serviteur. Et nous assurons une tournée matinale, au sens propre du terme. A cette heure-là, les gens normaux dorment d’un profond sommeil. Mais pas Fabian. Apparemment, il ne fait pas partie des gens normaux, car il doit être parfaitement réveillé en ce moment, même s’il est pratiquement seul sur la route avec son camion de 40 tonnes. «En roulant à cette heure-là, on bénéficie de conditions de circulation au top. Il n’y a pratiquement personne», se réjouit-il. Comment peut-on se réjouir à une heure aussi matinale? Mais si Fabian est content, c’est surtout parce qu’il roule aujourd’hui sur le dernier véhicule arrivé dans la flotte de l’entreprise Rolli. Ce qui l’incite à la plus grande prudence … comme d’habitude. Peut-être bien que cette joie est aussi due au fait que Fabian est un «fan absolu de la marque Mercedes» et qu’il dispose d’un attelage flambant neuf. «Un vrai régal, une bonne tenue de route, un joli bruit de moteur, un bon siège, beaucoup de place dans la cabine», énumère-t-il. Son entreprise vient d’acheter six véhicules de ce type. Avec l’arrivée de la neige, la joie de notre chauffeur se calme un peu; ces gros flocons ne vont pas tarder à tenir sur la route dès que nous monterons un peu et ils collent déjà aux essuie-glaces. «Ce n’est pas bon pour le programme de la journée», déclare Fabian, qui m’explique alors le planning du jour: «Nous commençons par charger à St. Stephan, puis nous revenons sur Oberwil i. S., un petit village agrémenté d’une côte très raide, avant de filer sur Därstetten. Une fois que toutes les chambres de la citerne seront pleines de lait, nous partirons sur Fribourg pour aller livrer la marchandise dans une grande laiterie, après quoi il faudra aller laver».

A ce moment-là, je ne sais pas encore à quel point ce travail qui consiste à laver, à nettoyer et à rincer les citernes est important dans le job de Fabian. «Cette première tournée terminée, nous partirons dans le Seeland. C’est alors que commencera la «tournée Emmi», durant laquelle nous chargerons du lait auprès de 18 fermes, avant d’aller livrer chez Emmi à Ostermundingen. «Facile!». N’étant pas au courant de la version moderne de ce travail, je m’imaginais les paysans qui viennent avec leurs boilles pleines de lait, transportées sur une petite remorque, afin de les vider dans le camion de Fabian. Il va de soi que cet aspect romantique du travail appartient depuis longtemps au passé. Aujourd’hui, les machines, l’électronique et l’acier inox ont relégué tous ces clichés aux oubliettes. Sans compter que les contacts entre le producteur de lait et le chauffeur ne sont plus qu’épisodiques.

En roulant dans la neige, Fabian a positionné son véhicule devant le point de collecte de St. Stephan, avant de plonger un tuyau en plastique transparent dans le tank à lait en acier inox. Pendant que quelque 7400 litres de lait sont ainsi chargés dans l’une des trois chambres de la superstructure du véhicule tracteur, Fabian m’explique à quoi sert tout l’enchevêtrement de tubes en inox se trouvant à l’arrière du véhicule. C’est là que je remarque un petit hublot en plexiglas derrière lequel on aperçoit des petits casiers en plastique avec des écrans fournissant une multitude d’informations, de l’état de chargement du véhicule jusqu’à la position exacte de ce dernier. «Nous pompons environ 600 litres à la minute», m’explique le jeune chauffeur. Ce système comprend même une petite imprimante. Dans des caisses en acier inox placées sur le côté de l’infrastructure, à l’arrière du véhicule, on trouve deux spirales métalliques contenant des bouteilles ainsi qu’une petite installation de remplissage permettant d’obtenir des bouteilles d’un demi-litre: «C’est ici que les échantillons de lait sont extraits automatiquement». Après une vingtaine de minutes, le processus de chargement à St. Stephan est terminé.

«Je ne voudrais pas faire un autre boulot», déclare Fabian pendant que nous descendons la vallée pour rejoindre le prochain point de collecte et que nous croisons le chasse-neige, suivi du premier camion de la journée. «Pour l’instant, je suis encore remplaçant, mais par la suite, j’aimerais avoir mon propre véhicule». Il tourne avec son attelage sur la place centrale du village d’Oberwil et le positionne devant le point de collecte qui se trouve au sous-sol d’une grande bâtisse en bois. «Ici, nous utilisons une pompe électrique pour faire moins de bruit», m’explique-t-il. En effet, à quatre heures du matin, la plupart des gens dorment. Nous descendons ensuite à Därstetten pour compléter notre chargement, avant de prendre la direction de Fribourg, sous la pluie, avec quelque 25 500 litres de lait dans les réservoirs.

Seconde tournée

Lorsque nous arrivons à la grande laiterie, nous apercevons un autre truck vert de la maison Rolli qui décharge «son» lait. Fabian place son camion à l’endroit voulu avant de raccorder des tuyaux bleus permettant de décharger notre marchandise. Une fois que les tanks  du camion et de la remorque sont vides, il faut les nettoyer, ce qui se fait plus ou moins automatiquement, mis à part les tuyaux (bleus aussi) qu’il faut déplacer manuellement. Nous voilà arrivés à l’heure où les gens normaux déjeunent, en prenant peut-être du lait ou d’autres produits de cette grande laiterie. Pour nous en revanche, il n’est pas l’heure de déjeuner: il faut reprendre la route en direction du Seeland, toujours sous la pluie.

Fabian dépose sa remorque sur une place de parc situé sous un grand marronnier. «Nous devrons revenir ici en cours de tournée pour décharger ce qu’il y a dans le camion, car sa capacité ne suffit pas pour faire l’intégralité de la tournée». Aujourd’hui, nous allons passer auprès de 18 fermes, mais «une telle tournée peut englober jusqu’à 30 points de chargement». Fabian va chercher un classeur dans la cabine, dans lequel on trouve la liste de toutes les fermes à desservir avec des cartes, des croquis et des photos montrant le meilleur moyen de se placer pour charger le lait. «Maintenant, je connais cette tournée par coeur, ce qui me permet de gagner du temps en empruntant toujours le chemin le plus court pour y accéder». Entre 9 heures et midi, Fabian a ainsi desservi ces 18 fermes. Il ne lui faut en moyenne qu’une à deux minutes pour charger le lait, remettre le tuyau en place et prendre un échantillon, avant de partir en direction de la ferme suivante. «Nous chargeons quotidiennement entre 500 et 1500 litres de lait par ferme.» Il arrive aussi que Fabian soit obligé d’effectuer les opérations de chargement en plaçant le tuyau manuellement sur des installations qui ne disposent pas d’un système de raccordement automatique. Après avoir passé auprès de deux tiers des fermes, il revient vers sa remorque pour transvaser son lait. Cette opération est très rapide: env. 1100 litres à la minute. Arrivé à la dernière ferme, notre chauffeur doit prendre en charge le lait de deux producteurs différents. Après avoir pris tous les échantillons nécessaires et les avoir triés, nous nous rendons chez Emmi, où Fabian décroche sa remorque. Au volant de son camion, il se rend encore à la fromagerie de Tägertschi (BE), où il charge quelque 3000 litres de lait dans le tank de son Actros qui n’est pas encore plein. «Terminé», lâche Fabian. «Ou presque». Pour changer, nous avons droit à quelques rayons de soleil. De retour chez Emmi, nous nous rendons à la cafeteria pour prendre une pause: mon premier Caffe Latte, rafraîchissant, mais presque trop froid pour moi. Il y a aussi un yoghourt aux framboises. «Pour tous les chauffeurs, tout ça est gratuit», m’explique Fabian.

Chez Emmi, on peut pratiquement décharger son camion, le laver et le rincer au même endroit! Mais ça va prendre du temps, parce qu’un autre camion de chez Rolli passe devant nous et qu’on ne peut «décharger que sur deux voies en même temps». Quelques minutes plus tard, c’est au tour du Mercedes de Fabian de passer à la douche. Pendant que le lait que nous avons livré tombe dans les réservoirs de la fromagerie, Fabian enfile ses bottes en caoutchouc et un grand tablier. Il savonne ensuite son nouveau truck avec minutie, avant de le rincer. Pendant ce temps, tous les tuyaux qui sont reliés au véhicule subissent aussi un programme de nettoyage automatique. Pour ce jeune chauffeur, il s’agissait là de la dernière étape d’une période de quatre jours de travail, et une fois qu’il aura ramené son Actros à Gasel en empruntant la «route du lait» et qu’il aura fait le plein, il pourra profiter de trois jours de congé bien mérités. (hps)

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A lire dans le Swiss Camion du mois de janvier: Romain Capitanio, série « Jeunes chauffeurs »

Chauffeurs de père en fils

IMG_3558Romain Capitanio, jeune chauffeur genevois de 27 ans, a embrassé la même profession que son père. Nous l’avons suivi entre le quartier de la Praille, les serres de Lully et le centre de tri de Serbeco à Satigny.

Débutée nuit sur le coup de 5h50, la journée du 25 novembre a été caractérisée par des conditions très changeantes du côté de Genève. Des bourrasques de neige, qui ont blanchi le Salève au petit matin, à un magnifique arc-en-ciel en début d’après-midi, en passant par un peu de pluie et quelques accalmies bienvenues, les couleurs du ciel ont été très variées. Il en a été de même pour le travail de notre jeune chauffeur.

«C’est un travail très varié»

«Bien que je ne fasse que de la benne, mon job est très varié. Vous allez rapidement vous en rendre compte», relève d’entrée Romain Capitanio qui travaille dans la petite entreprise de transport de son père qui a été fondée en 1981 et qui travaille depuis 1999 en tant que sous-traitant de l’entreprise Serbeco spécialisée dans la collecte des déchets.

Les déchets transportés aujourd’hui sont du vieux bois, collecté dans le quartier de la Praille, à proximité du Stade de Genève, et des plants de tomates issus de l’exploitation maraîchère Jaquenoud à Lully, dans la campagne genevoise. Dans cette exploitation, qui a adopté dès 1974 la culture hors-sol, Romain Capitanio faufile son Mercedes Arocs 3248 avec maestria entre les serres.

«Conduire un camion reste un plaisir»

Interrogé sur la cabine de l’Arocs, dont la hauteur est parfois qualifiée d’excessive par certains chauffeurs, Romain reconnaît que celle-ci «est plus haute de 30 à 40 cm» que celle de l’Actros qu’il utilisait auparavant: «Cette hauteur m’a un peu gêné la première semaine mais je m’y suis rapidement habitué. Pour moi, la conduite d’un camion reste un plaisir sans cesse renouvelé», explique-t-il. «J’ai toujours été fasciné par les camions et, enfant, j’étais très heureux de pouvoir accompagner mon père dans ses tournées du mercredi et du samedi.» Romain n’embrasse cependant pas immédiatement la profession de chauffeur poids lourds. Désireux de se garder une porte de sortie au cas où il ne trouverait pas de place de chauffeur, il effectue un apprentissage de mécanicien automobile. Une fois son permis poids lourds en poche, il doit cependant remplacer son père qui a été opéré à une hanche et qui ne peut plus conduire son camion pendant quatre mois. Ce remplacement lui a tellement plu que, une fois son père remis sur pied, il accepte une place de chauffeur dans une entreprise de terrassement. Six mois après, à la faveur du départ d’un chauffeur dans l’entreprise de son père, ce dernier lui propose de travailler avec lui. Cela à la satisfaction des deux parties.

«Mon fils est rapidement devenu un excellent chauffeur. L’élève a largement dépassé le maître», relève avec fierté Giovanni Capitanio que son collègue Fritz Gerber ­surnomme «Jean» lors de la pause-café de 9 h à Aire-la-Ville. La famille Capitanio, originaire d’Italie, est en effet installée de longue date dans le canton de Genève. «Mon grand-père était lui aussi chauffeur. Il a notamment conduit les camions de Vin Union, l’ancien nom de la Cave de Genève», précise Romain Capitanio qui, dans son temps libre, conduit également le MAN du service du feu de Bernex-Confignon. «Je m’y occupe de l’instruction des sapeurs-pompiers et des chauffeurs. J’aime rendre service», ajoute-t-il.

Un chat particulièrement facétieux

Lorsqu’on lui demande s’il a une anecdote sur une intervention particulière, sa réponse fuse: «Il y a quelques années, on nous avait appelés pour faire descendre un chat bloqué au sommet d’un arbre depuis trois jours. Notre échelle de 18 m était toutefois trop courte et nous avons dû faire venir un camion des pompiers de la ville de ­Genève dont l’échelle mesurait 25 m. Une fois ce camion arrivé sur place, il n’a pas eu le temps de déployer son échelle que le chat était déjà descendu tout seul de l’arbre!»

Cette anecdote a été un joli rayon de soleil au milieu de la grisaille qui a accompagné nos déplacements entre le point de collecte de La Praille, les serres de Lully et le centre de tri de Serbeco à Satigny (GE). A chaque fois Romain a démontré qu’il n’était pas seulement un as du volant, calme et précis, mais également un as du joystick avec lequel il a chargé, déchargé et croché sa benne avec une belle dextérité. (Laurent Missbauer)

Le chauffeur

Né le 23 février 1988, Romain Capitanio a toujours aimé les camions. Fils et petit-fils de chauffeur, il a toutefois débuté sa vie professionnelle par un apprentissage de mécanicien automobile. Il passe néanmoins son permis poids lourds en 2006, un mois seulement après son permis voiture, et travaille depuis 2007 dans l’entreprise de son père. Il consacre une grande partie de son temps libre aux pompiers de Bernex-Confignon. «Je suis serviable de nature et j’aime bien aider les gens» précise Romain Capitanio. (lm)

L’employeur

Fondée en 1981 par Giovanni Capitanio, l’entreprise genevoise Capitanio Transport compte deux chauffeurs, le patron Giovanni Capitanio (64 ans) et son fils Romain, ainsi que deux camions: un Actros et un Arocs qui travaillent en tant que sous-traitant pour Serbeco, entreprise spécialisée dans la collecte des déchets. Giovanni Capitanio ne tarit pas d’éloges sur Mercedes et le garage Larag: «Nous y sommes accueillis avec beaucoup de professionnalisme et leur vendeur François Naudon nous a toujours très bien conseillés.» (lm)

Wie der Vater, so der Sohn

IMG_3558Der 27 jährige Genfer Chauffeur, Romain Capitanio, ergriff denselben Beruf wie sein Vater. Wir begleiteten ihn auf seiner Tour vom La Praille Quartier in der Stadt Genf zu den Gewächshäusern in Lully nach Satigny, ins Sortierzentrum von Serbeco.

Der Tag des 25. November war in der Region Genf von den unterschiedlichsten Wetterbedingungen geprägt. Frühmorgens um 5Uhr50 noch recht kalt und finster, zeigte sich der genfer Hausberg Salève nach Tagesanbruch weiss überzuckert . Dem ausgeprägten Regenbogen um die Mittagszeit folgten einige Regenschauer, unterbrochen durch angenehme Aufhellungen mit ständig wechselnden Farben. Ebenso abwechslungsreich gestaltete sich die Arbeit unseres jungen Chauffeurs.

«Meine Arbeit ist abwechslungsreich»
«Trotzdem ich nur kippere, ist meine Arbeit sehr abwechslungsreich, ihr werdet es gleich sehen», meint Romain Capitanio gleich zu Beginn unserer Fahrt. Er arbeitet in der kleinen Transportfirma seines Vaters, der sie 1981 gegründet hat und seit 1999 als Vertragsfahrer für das Kehrichtentsorgungs- und Recyclingunternehmen Serbeco unterwegs ist.

Beim heute zu entsorgenden Material handelt es sich um Alt- und Abfallholz aus der Sammelstelle im La Praille Quartier in der Stadt Genf, in der Nähe des Stadions, sowie Tomatenstauden vom Gemüseproduzenten Jaquenoud in Lully, im genfer Hinterland. In diesem Betrieb, der seit 1974 Hors-Sol Tomaten produziert, manövriert Romain seinen Mercedes Acros 3248 geschickt zwischen den Gewächshäusern durch.

«Lastwagen fahren ist ein Vergnügen»
Befragt nach der Kabine des Acros, deren Höhe in Chauffeurkreisen ab und zu als «zu hoch» bezeichnet wird bestätigt Romain Capitanio, dass sie um 30 bis 40 cm höher ist, als dies beim früheren Modell der Fall war: «Die Höhe hat mich tatsächlich in der ersten Woche etwas gestört, doch habe ich mich rasch daran gewöhnt. Für mich ist das Lastwagenfahren so oder so ein Vergnügen. Der Lastwagen hat mich schon immer fasziniert und es war das Höchste für mich, schon als kleiner Knirps meinen Vater auf den Mittwoch und Samstag Touren zu begleiten.» Romain war nicht von allem Anfang an Chauffeur. Um, für den Fall als Chauffeur keine Anstellung zu finden, absolvierte er zuerst eine Lehre als Automechniker. Kaum hatte er den Lastwagenausweis in der Tasche, musste er für seinen Vater einspringen, der wegen einer Hüftoperation während vier Monaten ausser Gefecht gesetzt wurde. Dieser Einsatz hat ihm dermassen gefallen, dass er, sobald sein Vater wieder einsatzfähig war, sich als Chauffeur bei einer Aushubfirma bewarb. Als sich sechs Monate später eine Vakanz im Betrieb seines Vaters ergab, schlug ihm sein Vater vor, diese Lücke doch auszufüllen. Seitdem arbeitet Romain als Chauffeur im väterlichen Betrieb, zur Zufriedenheit beider.

«Mein Sohn hat sich sehr rasch zu einem guten Chauffeur entwickelt, ja, der Schüler hat seinen Lehrmeister gar übertroffen», hält Giovanni Capitanio, von seinem Kollegen Fritz Gerber «Jean» genannt, in der 9Uhr Kaffepause in Aire-la-Ville fest. Die ursprünglich aus Italien stammende Familie Capitanio ist seit vielen Jahren im Kanton Genf beheimatet. «Schon mein Grossvater war Chauffeur. Er fuhr Lastwagen von Vin Union, wie der alte Namen von Cave de Genève lautete», präzisiert Romain Capitanio, der in seiner Freizeit auch noch den MAN der Feuerwehr von Bernex-Confignon fährt und fügt bei : «Ich kümmere mich um die Ausbildung der Feuerwehrleute und der Chauffeure; ich leiste gerne Freiwilligendienst».

Tierischer Feuerwehreinsatz
Auf die Frage nach einem ganz besonderen Einsatz, erinnert er sich an eine Episode die sich vor einigen Jahren ereignete: «Wir wurden gerufen, um eine Katze zu bergen, die seit drei Tagen auf einem Baum festgeklemmt sei. Nachdem sich unsere 18 m Leiter als zu kurz herusstellte, mussten wir die genfer Feuerwehr kommen lassen, deren Leiter 25 m mass. Kaum angekommen, die Leiter noch gar nicht hochgefahren, bequemte sich das Katzenvieh von selber vom Baum runter!»

Diese Anekdote hellte den ansonst mehrheitlich grauen Tag, der uns an den Verschiebungen zwischen La Praille, den Gewächshäusern von Lully und dem Recycling-Center Serbeco in Satigny (GE) begleitete, etwas auf. Jedesmal demonstrierte uns Romain, dass er nicht nur ein As am Steuer seines Lastwagens ist, ruhig und präzis, sondern auch beim Bedienen des Joystick, mit dem er die Ladebrücke geschickt belud, entlud, aus- und wieder einhängte. (Laurent Missbauer)

Der Chauffeur

Romain Capitanio, geboren am 23. Februar 1988 war seit jeher von Lastwagen begeistert. Sohn und Grosssohn von Chauffeuren, begann er seine berufliche Karriere vorerst als Automechaniker. Den Lastwagenfüherausweis erwarb er im Jahre 2006, einen Monat nach dem PW-Ausweis und arbeitet seit 2007 im Transportbetrieb seines Vaters. Einen grossen Teil seiner Freizeit verbringt er bei der Feuerwehr von Bernex-Confignon. «Ich bin eine Dienstleisternatur von Haus aus und bin den Leuten gerne behilflich», so Romain Capitanio. (lm)

Der Betrieb

Von Giovanni Capitanio im Jahre 1981 gegründet, beschäftigt die genfer Firma Capitanio Transport zwei Chauffeure: den Patron, Giovanni Capitanio (64 jährig) und seinen Sohn Romain und verfügt über zwei Lastwagen: einen Actros und einen Aroc, mit denen sie im Auftrag der Kehricht- und Recyclingunternehmung Serbeco Abfallmaterialien einsammeln. Giovanni Capitanio hält mit dem Lob an Mercedes und der Garage Larag nicht zurück: «Wir wurden immer sehr gut und professionell empfangen und von ihrem Verkäufer, François Naudon, bestens beraten.» (lm)

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A lire dans le Swiss Camion du mois de décembre: Daniel Schurtenberger, série « Jeunes chauffeurs »

DSC_5706DSC_5615Le chauffeur qui danse avec les moutons

Daniel Schurtenberger (24 ans) est actif dans les transports d’animaux vivants, travail qui demande des compétences qui ne sont pas forcément à la portée de Monsieur Toutlemonde. Il faut entre autres aimer travailler de nuit et être capable de rouler avec une remorque.

Une combinaison assez peu courante. Bien sûr que Daniel possède bien d’autres capacités, mais il faut reconnaître que les deux citées ci-dessus sont essentielles, tout comme celle qui consiste à savoir «comment se comporter avec les animaux». Comme le déclare son patron Patrick Brühlmann (Malters), «nos horaires de travail ne commencent pas à 5 heures pour finir à 17 heures, mais sont répartis sur une durée de 24 heures. Surtout parce que le travail commence à 5 heures du matin dans les abattoirs».

C’est donc à 5 heures du matin que nous avons rencontré Daniel Schurtenberger et son patron à Brunegg, sur le parking de la Vianco Arena. Daniel était déjà arrivé avec son véhicule de 3,5 tonnes, chargé de porcs d’engraissement. Ce qui signifie qu’il s’était levé déjà bien plus tôt pour aller «rassembler ses cochons» à Aesch. Son patron était lui aussi en route depuis un moment avec son camion de 40 tonnes à bord duquel 150 jeunes porcs avaient déjà pris place. «Nous allons maintenant procéder au transbordement»: il place la remorque du véhicule de 3,5 tonnes à l’arrière du Scania à 3 essieux et en 3 minutes, le transbordement était terminé. «Maintenant, je rentre à Malters», dit Patrick, «et ensuite j’aurai terminé ma journée», ce qui peut paraître un peu bizarre à une heure aussi matinale!

En revanche, pour «Schurti», la journée ne fait que commencer: il reprend donc le Scania de son boss et se dirige sur l’abattoir de Zurich, en veillant à prendre les giratoires tout en douceur et à accélérer de manière continue et sans à-coups: notre jeune chauffeur transporte des animaux vivants, et non pas des colis. Arrivés à l’abattoir de Zurich avant le lever du jour, nous avons dû faire la queue et attendre que tous les autres véhicules aient déchargé leurs animaux. Daniel en a profité pour déposer sa remorque, afin de pouvoir se mettre rapidement à quai une fois que ce serait son tour. En attendant, il me présente son outil de travail: «La durée de vie des superstructures prévues pour le transport d’animaux est beaucoup plus longue que celle des châssis des véhicules et elles sont très chères. Nous possédons l’une des rares remorques à 3 étages utilisées en Suisse», m’explique-t-il, «alors que le camion n’en possède que deux». Il s’agit d’un système de plancher mobile que l’on peut monter ou descendre en fonction de la taille des animaux à transporter. Les 175 cochons qui se trouvent dans le camion, qui pèsent chacun entre 100 et 110 kilos, sont répartis sur tous les étages. Soixante d’entre eux descendent à l’abattoir de Zurich. Daniel Schurtenberger enfile ses bottes et sa «tenue de travail»: le déchargement, qui s’effectue sous surveillance du vétérinaire, ne prendra que quelques minutes. Un collaborateur de l’abattoir marque chacun de ces animaux au moyen d’un tampon et tout va très vite.

Prochaine étape: l’abattoir de Bazenheid. Le déchargement des 115 porcs restants prendra beaucoup moins de temps que l’étape suivante, qui consiste à laver soigneusement tout le véhicule auprès de l’installation prévue à cet effet, située dans la cour de l’abattoir. Quelque 40 minutes plus tard, tout était nickel et Daniel avait recouvert l’intégralité de la superstructure de sciure fraîche: «C’est maintenant que débute le meilleur moment de la journée!» Il était 9h30 et il allait pouvoir conduire pendant deux heures, afin de rejoindre Vrin, une petite localité située en Engadine. «Nous devons aller à Vrin pour récupérer 220 moutons qui doivent rentrer à Matzingen après avoir passé l’été sur l’alpage». Tiens, à ce propos, c’est justement un mouton (l’agneau de Dieu) qui figure sur les armoiries de la commune de Vrin!

Après avoir emprunté l’autoroute (A3/13), nous avons bifurqué sur les routes cantonales jusqu’à Illanz, où Daniel a pris à gauche en direction du Val Lumnezia (la vallée de la lumière), endroit idyllique placé sous la protection de Saint-Maurice, où l’on parle le Sursilvan, un patois d’origine rhétoromanche. Nous traversons des localités dont nous n’avons encore jamais vu le nom nulle part: Vella, Vignogn ou encore Lumbrein. Là-haut, les routes sont de plus en plus étroites, riches en virages et pentues, en tout cas pour un poids lourd de 40 tonnes mesurant 18 mètres de long. Et les villages sont de plus en plus petits, car ici, l’espace constructible devient une denrée rare. Les pignons des maisons empiètent sur la route qui traverse le village: pour un chauffeur, la précision est de mise, car nous passons souvent à quelques centimètres des obstacles. «On a intérêt à bien connaître son véhicule», ajoute Daniel, «surtout avec une remorque!» Une Golf blanche se trouve là, juste devant nous, exactement à l’endroit où Daniel ferait un écart pour placer son véhicule de manière à pouvoir franchir ce passage épineux entre deux maisons en bois (qui portent déjà les traces d’outrages subis par d’autres véhicules) sous le bon angle, bien qu’un panneau indique une hauteur maximale possible de 3,40 mètres. Pas de clé au tableau de bord de cette Golf et son conducteur est introuvable. Il faudra donc que ça passe d’une autre manière … et ça a passé! Daniel est de plus en plus souvent confronté à de telles situations. Pour l’instant, il appelle le berger afin de le rassurer et de le prévenir qu’il aura un peu de retard. Nous apercevons enfin le panneau d’entrée de la localité de Vrin. Nous sommes attendus près d’une scierie, comme me l’explique le berger. «Mais il faut que j’aille un peu plus haut pour faire demi-tour», m’avertit Daniel. Aller faire demi-tour, oui, mais où? Là, il y a une ferme avec un chemin d’accès conduisant dans les prés. Daniel entame la manoeuvre, en faisant passer le pare-chocs de son camion à quelques centimètres d’un mur … sans rien toucher. Sa manœuvre effectuée, il redescend jusqu’à la scierie et se faufile entre les troncs et les piles de bois. L’éleveur Christoph Steiner et ses aides ont balisé le chemin de manière à créer un entonnoir à l’endroit où Daniel placera l’arrière de son véhicule. Mais, jusque là, pas un mouton à l’horizon!

Et soudain, un bruit de sonnailles nous fait tourner la tête: voici le troupeau qui arrive au détour d’un virage, avec à sa tête le berger portant un agneau dans ses bras: une vraie image biblique! Aidé par toutes les personnes présentes, Daniel fait monter rapidement ces moutons dans le camion et dans la remorque, de telle sorte que le chargement est terminé un quart d’heure plus tard. Pour ces moutons, la suite sera moins tragique que pour les porcs de ce matin: après deux heures de route, ils retrouveront les vertes prairies de la plaine, à Matzingen (TG). Comme je me demandais si ces pauvres moutons n’étaient pas sujets au mal de mer dans tous ces virages, Daniel m’a rassuré en affirmant que les moutons n’étaient jamais malades sur la route.

A peine étions nous revenus en plaine que le temps a changé radicalement; c’est donc sous la pluie que nous avons fait le reste du voyage. A destination, l’habilité de Daniel a de nouveau été mise à rude épreuve: «Pour faire ce job, tu as intérêt à aimer conduire avec une remorque. Mais j’ai ça dans le sang!» A peine avait-il ouvert la porte du véhicule que les 220 moutons galopaient déjà dans la verte prairie qu’ils avaient quittée le printemps dernier. «Pour eux, les vacances à la montagne sont terminées», a commenté Daniel, qui avait quant à lui terminé sa journée. (hps)

DSC_5706 DSC_5615Der mit dem Schaf tanzt

Daniel Schurtenberger (24) macht Tiertransporte. Das verlangt diverse Eigenschaften, die Otto Normalverbraucher in der Regel völlig abgehen. Dazu gehört, ein wenig ein Nachtmensch zu sein. Oder «Anhänger fahren» zu können.

Eine seltsame Kombination. Natürlich hat Daniel auch andere Eigenschaften und Fähigkeiten, zweifelsohne. Doch diese beiden sind wesentlich. Neben derjenigen mit Tieren umgehen zu können. «Unsere Arbeitszeit», sagt sein Chef Patrik Brühlmann (Malters), «dauert nicht von 5 bis 17 Uhr, sondern sie findet jederzeit innerhalb von 24 Stunden statt. Vor allem, weil die Schlachthöfe um 5 Uhr anfangen, zu schlachten.»

Also trafen wir Daniel Schurtenberger und seinen Chef um 5 Uhr in Brunegg auf dem Schotterplatz der Vianco Arena. Daniel war schon da, mit einem 3,5-Tonner, beladen mit Mastschweinen. Das heisst, er war schon viel früher losgefahren, denn in Aesch hatte er diese Schweine «eingesammelt». Sein Chef war ebenfalls unterwegs gewesen und stiess mit dem 40-Tonner dazu, in dem schon an die 150 junge Mastschweine dösten. «Jetzt wird umgeladen.» Er stiess den Anhänger des 3,5-Tonners an die Heckklappe des dreiachsigen Scania und innerhalb von drei Minuten waren die Schweine verladen. «Ich fahre jetzt zurück nach Malters», sagte Patrik, «und dann mache ich Feierabend.» Was ein wenig seltsam klang quasi mitten in der Nacht.

Für «Schurti» indes begann der Arbeitstag jetzt richtig: Er übernahm den Scania des Chefs und steuerte den Schlachthof Zürich an. Sachte zirkelte er den Anhängerzug um Kurven und Kreisverkehre, bremste sachte und beschleunigte vorsichtig. Schliesslich hatte er Tiere dabei und keine Pakete. Die Rampen im Zürcher Schachthof, über dem noch eine wolkenverhangene Mondsichel schwebte, waren belegt mit Tiertransportern aller Grössen – also hiess es warten, nachdem Daniel den Anhänger parkiert hatte, um schnell mit dem Motorwagen an die Rampe stossen zu können, sobald er an der Reihe war. Bis es soweit war, erklärte er sein Arbeitsgerät: «Aufbauten von Tiertransportern überdauern die Lebenszeit eines Lastwagenchassis mehrfach. Sie sind teuer, da aufwändig konstruiert. Wir haben einen der wenigen Anhänger in der Schweiz mit drei Etagen», sagte er, «während der Motorwagen deren nur zwei hat». Die Böden sind beweglich, das heisst, lift- und absenkbar, je nach Grösse des Viehs, das transportiert wird. Die 175 Schweine im Lastzug, von denen jedes zwischen 100 und 110 Kilo wog, benötigten alle Stockwerke. 60 von ihnen bekam der Zürcher Schlachthof. Schurtenberger warf sich in Gummistiefel und Arbeitsklamotten: Der Ablad – unter Aufsicht eines Veterinärarztes – ging in wenigen Minuten über die Bühne bzw. Rampe. Ein Schlachthofmitarbeiter kennzeichnete die Tiere mit einem Stempel – rasend schnell. Die nächsten Tiertransporter warteten schon.

Nächstes Ziel: Schlachthof Bazenheid. Das Prozedere ähnlich – Daniel musste nur einen Lastwagen abwarten, bevor er seinen Zug rückwärts an die Rampe deichseln konnte. Das Abladen der 115 Tiere dauerte bei weitem weniger lang als die anschliessende sorgfältige Wäsche des gesamten Fahrzeugs in einer eigens dafür eingerichteten Waschhalle auf dem Schlachthofareal – mit Hochdruck. Nach rund 40 Minuten war das alte Sägemehl aus den Aufbauten hinausgespült und frisches Sägemehl eingestreut. All das erledigte Daniel irgendwie im Laufschritt, zog sich schnell um und atmete auf: «Jetzt kommt der schönste Teil des Tages.» Denn es war richtig hell geworden in der Zwischenzeit – 9.30 Uhr. «Nun fahren wir rund zwei Stunden.» Ziel war ein kleiner Ort im Engadin – Vrin. Vrin? «Schafe. 220 Schafe muss ich dort oben abholen. Die kommen von der Alm herunter auf ihre Weide nach Matzingen.» Vrin führt übrigens auch ein Schaf im Wappen – das Gotteslamm.

Die Fahrt führte über den Ricken auf die Autobahn A3/13 sowie die Kantonsstrasse 19 bis Illanz, wo Daniel links abbog, hinauf ins idyllische Val Lumnezia (Tal des Lichts), wo man Sursilvan spricht, ein Idiom des Rätoromanischen, und dessen Schutzpatron der Heilige Mauritius ist. Wir passierten nie gelesene Ortsnamen wie Vella, Vignogn oder Lumbrein. Passieren ist vielleicht ein bisschen übertrieben. Die Strasse dort hinauf wurde mit zunehmender Höhe enger, kurvenreicher und steiler. Zumindest für einen 18 Meter langen 40-Tonner. Und die Dörfer wurden kleiner, Fläche ist Mangelware. Die Giebel der Häuser ragten in das Geschlängel der Ortspassagen. Langsamkeit ist hier eine Zier. Und Präzision. Es ging mehrfach um Zentimeter. «Da muss man sein Fahrzeug einfach beherrschen» sagte Daniel, «man muss Kurven fahren können und – Anhänger.» Ein weisser Golf steht im Weg, genau da, wo Daniel sonst immer ausholt, um den Lastzug im richtigen Winkel durch eine Engstelle, zwei alte Holzhäusern zu bugsieren, von denen eines schon Schäden am auskragenden Stockwerk aufweist, obwohl dort steht: Durchfahrtshöhe 3,40 Meter. Im Golf steckte kein Schlüssel, der Fahrer war nicht aufzutreiben. Also musste es so gehen. Und es ging. Daniel kann das eben. Solche Faden-durchs-Nadelöhr-Manöver kamen jetzt noch öfter vor, und mehrfach musste Daniel den Schaf-Bauern anrufen und ihm beruhigend mitteilen, er sei gleich da, in fünf Minuten. Endlich das Ortschild: Vrin. Es sei eben nicht einfach, eine ganze Schafherde, die für den Abtransport parat sein musste, lange warten zu lassen. Bei einer Sägerei stehe die Herde bereit, teilte er mir mit. «Ich muss aber oberhalb wenden und wieder zur Sägerei herunterfahren.» Wenden? Wo? Neben einem Bauernhaus eine Zufahrt zu einer Weide. Rückwärts ums Eck stiess Daniel seinen Anhänger hinein, wobei die Stossstange des Zugfahrzeugs zentimeternah an einem Mäuerchen vorbeischrammte. Berührungslos. Dann endlich rollte der Zug hinunter zur Sägerei und Daniel fuhr noch einmal kurz rückwärts zwischen Holzstämme und Bretterstapel. Bauer Christoph Steiner und seine Helfer stellten Gatter und Plastikzäune auf, die trichterförmig zur Heckpforte des Anhängers führten. Allerdings: Weit und breit keine Schafe.

Plötzlich Glockengeläut. Weit hinten, um eine Kurve im Tal, kam der Hirt mit seiner Herde anmarschiert. Er trug ein Lamm auf den Armen. Irgendwie ein biblisches Bild. Doch dann ging es los. Gruppenweise bugsierten die Helfer und Daniel die Tiere in den Lastzug: erst ins Obergeschoss des Motorwagens, das dann hydraulisch angehoben wurde, dann in den unteren Stock. Dasselbe Prozedere beim Anhänger: nach einer Viertelstunde war der Verlad erledigt. Die Aussichten für die Schafe waren besser als diejenige für die Schweine am frühen Morgen: Sie erwartete eine saftige Weide. Doch zuvor galt es noch, zwei Stunden durch die Schweiz zu fahren – bis Matzingen TG. Ich fragte mich unwillkürlich, ob es den Schäflein bei der Kurverei nicht übel würde? Schafe würden nicht reisekrank, erklärte mir Daniel.

Kaum aus den Bergen heraus, änderte sich das Wetter schlagartig – Regen. Noch einmal wurde Daniel gefordert: Rückwärts an die Abladestelle an der Weide, und noch ein Wendemanöver. «Du musst einfach Anhänger fahren können. Aber irgendwie liegt mir das im Blut.» Er liess die Rampe am Anhänger herunter und öffnete das Tor: Die 220 Schafe galoppierten sichtbar freudig auf die grüne Wiese und machten sich sofort über den Klee her. «Für sie ist der Aufenthalt in der Sommerfrische jetzt vorbei», kommentierte Daniel. Und der Arbeitstag für ihn auch. (hps)

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A lire dans le Swiss Camion du mois de novembre: Magali Mooser, série « Jeunes chauffeurs »

IMG_0964La concrétisation d’un rêve

L’histoire de Magali Mooser (21 ans) est l’histoire de la concrétisation d’un rêve, ­celui de travailler en tant que conductrice professionnelle des poids lourds. Ce rêve est devenu une réalité le 1er septembre 2014.

Le Fuet, non loin de Tavannes (BE). Il est 5h50 du matin et le soleil ne s’est pas encore levé. L’heure est très matinale mais cela ne dérange pas Magali Mooser. La jeune Jurassienne bernoise, qui fêtera son 22e anniversaire le 19 novembre prochain, est en effet très heureuse d’être au volant d’un camion et d’avoir pu ainsi concrétiser son rêve de devenir conductrice professionnelle de poids lourds.

«J’adore conduire mon camion»

Cette profession, elle l’exerce depuis le 1er septembre 2014. Tout d’abord au sein d’une petite entreprise du Jura bernois, puis, dès le 1er juillet de cette année, auprès de la société lucernoise InterSpan Tschopp qui est spécialisée dans le transport de bois en général et plus particulièrement dans le ramassage de déchets de bois, notamment de la sciure et des copeaux. Le logo d’InterSpan représente d’ailleurs un copeau vu de profil, Span signifiant copeau en allemand. Depuis Le Fuet, Magali – La Mag, comme l’indique la plaque posée à gauche, au bas du pare-brise de son Volvo FH500 – s’est rendue à Bienne, où elle a déposé des planches et du matériel de terrassement, puis à Worb (BE), où elle a chargé des plaquettes de bois dans une menuiserie.

«Ce que j’aime dans ce métier, c’est que le travail est très varié», relève Magali sur l’autoroute qui la mène de Worb à Perlen (LU). «Aucun jour ne ressemble à un autre. En outre, j’adore conduire et découvrir de nouveaux paysages. Quand je me rends en Valais, c’est juste magnifique. A un tel point, qu’il m’arrive d’y retourner en voiture pendant mon temps libre pour en profiter encore davantage.»

Une passion héritée de son père

La passion des poids lourds lui est venue de son père, chauffeur routier, qu’elle a accompagné, enfant, à chacune de ses vacances. «J’ai toujours bien aimé les camions. Ils sont beaux, imposants et superpuissants. Quand la semi-remorque est chargée, c’est impressionnant de voir leur force.» Sa semi-remorque, justement, ne restera pas chargée très longtemps. Nous voici arrivés à Perlen, chez un fabricant de papier, où les plaquettes de bois sont déchargées grâce au fond mouvant hydraulique de la semi-remorque.

Rapidement, un imposant monticule de bois s’est formé derrière le camion. Avant de reprendre la route, Magali nettoie les plaquettes incrustées à l’arrière de la semi-remorque. Le prochain déplacement est tout proche. Il s’agit d’aller chercher du vieux bois à Ebikon (LU) et de le transporter jusqu’à Menznau, toujours dans le canton de Lucerne, entre Willisau et Wolhusen. Juste après cette dernière localité, sur la route qui conduit à Menznau, l’allure du Volvo FH500 d’InterSpan est ralentie par une voiture décapotable dont le conducteur ne tient le volant qu’avec la main droite. La main gauche est en effet collée au téléphone qui est à son tour vissé à l’oreille de l’automobiliste. Celui-ci, entièrement pris par sa conversation téléphonique, n’a même pas remarqué qu’il se traînait à 65-70 km/h et qu’une file de véhicules s’était formée derrière lui! Magali Mooser est confrontée tous les jours à de tels conducteurs qui ne sont pas à leur affaire et qui, bien souvent, constituent un véritable danger pour les autres usagers de la route: «Les plus téméraires sont les cyclistes. Un jour, alors que j’étais en train de reculer dans une ruelle étroite et qu’il ne restait qu’un espace d’à peine 50 cm de chaque côté du camion, j’ai eu la surprise de voir un cycliste s’y faufiler au péril de sa vie», déplore-t-elle.

Une journée bien remplie

Fort heureusement, il n’y avait guère de cycliste dans la cour de l’entreprise InterSpan à Buttisholz (LU) où Magali Mooser a parqué son Volvo FH500 afin d’y placer les différentes marchandises à livrer le lendemain en Suisse romande. Une fois le chargement effectué, elle a mis le cap sur le Jura bernois où a pris fin une journée bien remplie.

Depuis Oensigen (SO), elle a eu le plaisir de faire la route avec son père Frédy qui l’attendait au Relais Routiers de Bad Klus avec son propre camion. Un père avec lequel elle fait une «très bonne équipe», nous confie-t-elle. La plaque «Frédy» figure d´ailleurs en bonne place à droite, au bas du pare-brise du camion de «La Mag». (Laurent Missbauer)

La conductrice

Née le 19 novembre 1993, Magali Mooser a toujours aimé les camions. Au point d’en dessiner à l’école et de jouer à la maison avec des camions Playmobil. «Du coup, mes deux trois aînées me considéraient plutôt comme leur petit frère», rigole-t-elle. Et même si, enfant, elle adorait accompagner son père, chauffeur professionnel, pendant ses vacances, elle a effectué un apprentissage d’assistante en pharmacie. «A 15 ans, je n’étais pas encore certaine de vouloir devenir chauffeur. Cela a changé dès que j’ai eu le permis!» (lm)

L’employeur

Sise à Buttisholz (LU) et fondée en 1956, l’entreprise InterSpan Tschopp est spécialisée dans le transport et la logistique de produits dérivés du bois (copeaux, plaquettes, pellets…). Elle compte 55 camions et 60 chauffeurs dont Magali Mooser sur laquelle Patrick Binggeli, responsable des ventes et de la logistique, ne tarit pas d’éloges: «Elle est très motivée et très coopérative. Nous en sommes très satisfaits car il est primordial pour nous de compter sur des chauffeurs qui sont motivés et qui donnent ainsi une très bonne image de l’entreprise.» (lm)

Ein Traum ging in Erfüllung

IMG_0806Die Geschichte von Magali Mooser (21 jährig) ist die Geschichte der Erfüllung eines Traums: Lastwagenchauffeuse. Tatsächlich ging dieser Traum am 1. September 2014 in Erfüllung.

Le Fuet, nicht weit von Tavannes, im Berner Jura. Es ist 5h50 in der Früh, kurz vor Sonnenaufgang. Dieser frühmorgentliche Arbeitsbeginn stört Magali Mooser, die am 19. November ihren 22. Geburtstag feiern wird, nicht im geringsten. Die junge Bernjurassierin ist rundum glücklich, als Berufschauffeuse am Steuer eines Lastwagens ihren Traumberuf ausüben zu dürfen.

«Ich fahre leidenschaftlich gerne Lastwagen»

Seit dem 1. September 2014 übt sie diesen Beruf aus. Zuerst bei einer kleinen Firma im Berner Jura, vom 1. Juli dieses Jahres an dann bei der Luzerner Unternehmung InterSpan Tschopp, tätig im Holztransport und spezialisiert im Sammeln und Verwerten von Restholzprodukten wie Späne, Sägemehl, Holzschnitzel…. Von Le Fuet aus fuhr Magali – «La Mag» wie das Namensschild hinter der Windschutzscheibe am linken untern Rand ihres Volvo FH500 verrät – nach Biel wo es Bretter und Strassenbaumaterial abzuladen galt. Dann nach Worb (BE), um dort in einer Sägerei Holzschnitzel zu laden.

«Was ich am Chauffeurberuf besonders schätze ist die abwechslungsreiche Tätigkeit», meint La Mag auf der Fahrt von Worb nach Perlen (LU). «Kein Tag gleicht dem andern. Auch fahre ich gerne um neue Landschaften zu entdecken. Das Wallis zum Beispiel, ist wunderbar. Oft fahre ich alsdann auch in meiner Freizeit in diese Gegenden zurück um meine Eindrücke zu vertiefen. »

Eine Leidenschaft geerbt vom Vater

Schon als kleines Mädchen und praktisch dann in allen Schulferien durfte sie ihren Vater, selber auch Berufschauffeur, auf seinen Fahrten begleiten. «Ich habe die Lastwagen von jeher geliebt. Sie sind schön, imposant und äusserst kraftvoll. Es ist beeindruckend, mit welcher Kraft ein voll beladener Auflieger in Bewegung gesetzt wird.» Ihr Auflieger blieb nicht lange beladen. Angekommen in Perlen, in einer Papierfabrik, werden die Holzschnitzel mittels des hydraulischen Schubbodens entladen.

Innert Kürze erhebt sich hinter dem Lastwagen ein stolzer Holzberg. Bevor wir weiterfahren befreit Magali den Auflieger von allen festgeklemmten Spänen. Die nächste Station ist nicht weit weg. In Ebikon (LU) muss Altholz abgeholt und nach Menznau, zwischen Willisau und Wolhusen, ebenfalls im Kanton Luzern gelegen, transportiert werden. Kurz nach Wolhusen fahren wir auf ein Cabriolet mit geöffnetem Verdeck auf. Der Fahrer, die rechte Hand am Lenkrad, mit der linken ein Handy ans Ohr geklemmt, fährt kaum mehr als 65 – 70 Km/h und bemerkt nicht, dass sich hinter ihm eine immer länger werdende Kolonne bildet. Magali Mooser sieht sich täglich mit solchen Lenkern, die nicht bei der Sache sind, konfrontiert und die für die übrigen Strassenbenützer eine grosse Gefahr darstellen. «Die hemmungslosesten sind die Velofahrer. Ich musste kürzlich rückwärts in ein enges Strässchen reinfahren mit kaum mehr als 50 cm Platz auf beiden Seiten. Schlängelt sich doch plötzlich ein Velofahrer zwischen Mauer und Camion durch… unglaublich!»

Ein ausgefüllter Tag

Zum Glück hatte es keine Velofahrer im Werkhof der InterSpan in Buttisholz (LU) wo Magali ihren Volvo FH500 mit verschiedenem Material zu beladen hatte das am nächsten Tag in die Westschweiz zu überführen war. Einmal geladen, ging es zurück Richtung Berner Jura um dort das Tagwerk zu beenden.

Von Oensingen (SO) an hatte sie das Vergnügen, im Konvoi mit ihrem Vater Frédy, der ihr in der Raststätte Bad Klus mit seinem eigenen Lastwagen wartete, die Heimfahrt fortzusetzen. Ein Vater, mit dem sie «ein gutes Team bildet» wie sie uns versichert. Das Namensschild «Frédy» findet sich übrigens ebenfalls im Lastwagen von «La Mag», hinter der Windschutzscheibe, am untern rechten Rand. (Laurent Missbauer)

Die Fahrerin

Geboren am 19. November 1993, liebte Magali Mooser die Lastwagen von je her. In der Schule zeichnete sie nichts als Camions und zu Hause spielte sie anstatt mit Puppen mit Playmobil Lastwagen. «Meine zwei älteren Schwester betrachteten mich denn auch eher als ihr jüngster Bruder », meint sie scherzend. Auch wenn sie als Kind ihre Ferien fast ausschliess im Lastwagen ihres Vaters verbrachte, erlernte sie zuerst den Beruf als Apothekerhelferin. «Mit 15 war ich mir noch nicht ganz sicher, ob ich Berufschauffeuse werden möchte. Das hat sich dann geändert, sobald ich den Führerausweis hatte!» (lm)

Der Arbeitgeber

Die Firma InterSpan Tschopp, spezialisiert im Restholzhandel und Transport (Späne, Sägemehl, Hackschnitzel, Rinde….) wurde im Jahre 1956 mit Sitz in Buttisholz (LU) gegründet. Sie verfügt über 55 Lastagen und beschäftigt 60 Chauffeure, darunter Magali Mooser. Über sie ist Patrick Binggeli, Verantwortlicher für Verkauf und Logistik, voll des Lobes: «Sie ist sehr motiviert und kooperativ. Wir sind sehr zufrieden mit ihr, denn unser grösstes Anliegen sind motivierte Mitarbeiter, die für das gut Image unserer Firma sorgen.» (lm)

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A lire dans le Swiss Camion du mois de septembre: Sinuhe Scapozza, série « Jeunes chauffeurs »

IMG_7727 Travailler entouré de palmiers

Locarno: son lac, ses palmiers et son climat méditerranéen… Lorsque nous y avons suivi le jeune chauffeur Sinuhe Scapozza (25 ans), le 7 juillet, le climat était cependant davantage caniculaire que méditerranéen!

Nous ne sommes pas prêts d’oublier cette journée du 7 juillet 2015. Elle a en effet été marquée par de très fortes chaleurs avec notamment un nouveau record de 39.7 ° à Genève, contre 38.9 ° pour le précédent qui datait de 1921! A Locarno, le thermomètre n’est monté qu’à 33.4 °, MétéoSuisse a néanmoins qualifié de tropicales, les températures minimales enregistrées dans la nuit du 6 au 7 juillet aussi bien à Lugano, qu’à Locarno et à Stabio. Dans ces trois localités, le thermomètre n’est jamais descendu au-dessous de 20 ° et le record a été enregistré à Lugano où la température minimale a été de 25.4 °, ce qui constitue la valeur la plus élevée jamais enregistrée depuis le début des mesures en 1864!

Dans ces conditions, nous avons beaucoup apprécié que Sinuhe Scapozza nous ait donné rendez-vous non pas à 9 heures mais bien à 6 heures du matin. A cette heure-là, Locarno bénéficiait encore d’une certaine fraîcheur, même si elle était toute relative étant donné qu’elle dépassait déjà les 22 °!

En marche arrière dans une rue très étroite
La première intervention de Sinuhe – un prénom égyptien très rare; «nous ne sommes que deux à le porter au Tessin», confirme le jeune chauffeur – consiste à vider un container d’ordures ménagères à la rue Filippo Caponelli. Même si nous nous trouvons encore en ville, le cliché tessinois apparaît dans toute sa splendeur. Ce container se trouve en effet à côté de deux palmiers et d’une vigne de merlot!

S’il a la chance de travailler dans une région où beaucoup de personnes rêvent de passer leurs vacances, Sinuhe Scapozza a rarement le temps d’admirer le paysage lorsqu’il conduit. Au volant de son camion Volvo FM 460, dont le bas du pare-brise comporte aussi bien le fanion des Routiers Suisses que celui de la section «Ticino e Moesano», il redouble en effet d’attention. «Cette rue est très étroite et elle se rétrécira encore davantage près de l’école où je vais devoir remonter en marche arrière la rue Giovan Battista Beltrami», explique Sinuhe Scapozza.

Manœuvrer le camion avec dextérité
Son itinéraire n’a pas été choisi au hasard. Les containers à ordures qui se trouvent dans des endroits nécessitant une marche arrière sont ainsi évacués tôt le matin, avant l’arrivée du trafic matinal. Quant au container de l’Hôtel Belvedere, il ne sera évacué qu’après 9 heures afin de ne pas réveiller les clients qui séjournent dans cet établissement quatre étoiles. Ici aussi, Sinuhe Scapozza fait preuve de beaucoup de dextérité en manœuvrant son camion dans le parc de l’hôtel.

Même si nous nous trouvons à présent sur les hauteurs de Locarno, la température n’a guère baissé. Le thermomètre ayant dépassé 24 ° à partir déjà de 7 heures du matin, Sinuhe Scapozza a rapidement troqué son t-shirt rouge pour un débardeur orange avec lequel il sera nettement plus à l’aise pour manier la télécommande avec laquelle il dirige la grue de son véhicule. Le bras articulé de la grue soulève les containers, décharge leur contenu dans le collecteur du camion et les remet en place. Tout se fait automatiquement. Seulement à une reprise, Sinuhe Scapozza doit ouvrir manuellement le sac de déchets dissimulé auparavant dans le container à ordures. «Sur les 130 containers qui se trouvent sur le territoire de la commune de Locarno, il n’y en a plus que trois qui sont encore manuels», précise Sinuhe Scapozza après avoir enfilé les gants avec lesquels il tire sur la corde qui lui permet d’ouvrir le sac et de déverser son contenu.

«Je suis heureux, dès que je suis au volant»
Si les tâches effectuées par Sinuhe Sca­pozza sont parfois répétitives, «notre» jeune chauffeur ne s’en plaint guère: «Dès que je suis au volant d’un camion, je suis heureux. Et pour avoir exercé pendant un peu plus de trois ans la profession de jardinier, je suis bien placé pour savoir que je n’ai pas perdu au change en travaillant désormais en tant que chauffeur poids lourds», estime Sinuhe Scapozza.

«Il s’agit en outre d’un métier qui a de l’avenir. Il y aura en effet toujours besoin de camions et ce qui me plaît, c’est la variété du travail. Il n’y a pas seulement la collecte des ordures, mais également le transport de bennes et la conduite des camions du Service du feu», conclut-il en ayant cette fois-ci échangé son débardeur orange avec un débardeur noir. Il est vrai que la journée a été caniculaire en ce 7 juillet. (Laurent Missbauer)

IMG_7649 Arbeiten unter Palmen

Locarno: der See, die Palmen, das Mittelmeerklima….am 7. Juli begleiteten wir den jungen Chauffeur Sinuhe Scapozza (25 jährig), bei eher tropischen denn mittelmeermässigen Temperaturen.

So schnell werden wir diesen 7. Juli 2015 nicht vergessen, mit seinem Hitzerekord von 39.7 °, gemessen in Genf, der den bisherigen Höchstwert aus dem Jahre 1921 um 0,8° übertraf. In Locarno stieg das Thermometer auf 33.4° ! MeteoSchweiz qualifizierte die Nacht vom 6. auf den 7. Juli als Tropennacht und zwar sowohl in Lugano, Locarno und Stabio. An diesen drei Orten fiel das Thermometer nie unter 20° und erreichte in Lugano mit 25.4° die höchste je gemessene Nachttemperatur seit Beginn der Messungen im Jahre 1864!

Unter diesen Bedingungen waren wir mehr als froh, dass sich Sinuhe Scapozza nicht erst um 9 Uhr, sondern bereits um 6 Uhr morgens mit uns verabredete. Um diese Zeit herrschte in Locarno noch eine angenehme Frische, obschon das Thermometer bereits 22° anzeigte!

Rückwärts in ein sehr enges Strässchen
Bei seinem ersten Auftrag muss Sinuhe  – ein seltener ägyptischer Vorname «im Tessin sind wir nur deren zwei» erklärt der junge Chauffeur – einen Kehrichtcontainer an der via Filippo Caponelli leeren. Obschon wir uns noch immer in der Stadt befinden, zeigt sich uns das Tessin in seiner vollen Pracht, zumal der Container neben zwei Palmen und einem Merlot Rebstock steht.

Auch wenn er in einer Gegend arbeitet von der viele Leute Ferienträume hegen, hat Sinuhe Scapozza während seiner Arbeit kaum Zeit, die Landschaft zu bewundern. Am Steuer seines Volvo FM 460, auf dessen Frontscheibe sowohl der Routiers Suisses als auch der Sektionswimpel Wimpel «Ticino e Moesano» angebracht sind, verdoppelt er seine Konzentration. «Die via Giovan Battista Beltrami ist sehr eng und wird beim Schulhaus noch enger, sodass ich rückwärts hinauf fahren muss», erklärt er mir.

Geschicktes Manövrieren angesagt
Seine Tagestour ist nicht zufällig entstanden. Die Kehrichtcontainer die nur rückwärts zu erreichen sind müssen früh am Morgen, vor Hauptarbeitsbeginn, geleert werden. Der Container des Viersternhotels Belvedere dagegen darf wegen der Hotelgäste nicht vor 9 Uhr bewegt werden. Auch hier, im Hotelpark, kann Sinuhe Scapozza sein Geschick beim Manövrieren unter Beweis stellen.

Auch wenn wir uns nun auf den Höhen über Locarno befinden, ist es kaum kühler geworden. Seit 7 Uhr liegt die Temperatur bereits über 24° und Sinuhe hat auch schon sein rotes T-shirt gegen ein oranges armelloses Tricot getauscht. Er fühle sich darin weit bequemer um die Fernsteuerung des Krans zu bedienen. Der Gelenkarm des Krans hebt den Container an, leert den Inhalt in die Auffangmulde des Fahrzeugaufbaus und stellt ihn wieder an seinen Platz. Alles geschieht automatisch. Nur einmal muss Sinuhe Scapozza einen im Container untergebrachten Kehrichtsack von Hand öffnen. «Unter den 130 Containern die sich im Einzugsgebiet der Gemeinde Locarno befinden, müssen lediglich noch drei von Hand geleert werden» präzisiert Sinuhe Scapozza, nachdem er sich die Handschuhe übergezogen hat um mittels Seilzug den grossen braunen Sack zu entleeren.

«Sobald ich am Steuer sitze, bin ich zufrieden.»
Auch wenn es sich bei vielen seiner Arbeitsgänge um sich wiederholende Routinearbeiten handelt, beklagt sich unser junger Chauffeur nicht. «Sobald ich am Steuer sitze, bin ich zufrieden. Während drei Jahren habe ich in meinem ursprünglichen Beruf als Gärtner gearbeitet und bereue meinen Wechsel zum Lastwagenführer keine Sekunde», meint Sinuhe Scapozza.

«Abgesehen davon, hat dieser Beruf Zukunft. Es wird immer ein Bedarf an Lastwagen herrschen und die Arbeit ist vielfältig. Es gibt nicht nur die Kehrichtabfuhr, sondern auch das Kippern und die Löschfahrzeuge» meint er zum Schluss und entledigt sich sein armelloses Tricot um ein neues, schwarzes überzuziehen. Es ist heiss, an diesem 7. Juli, sehr sehr heiss… (Laurent Missbauer)

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